Une deuxième chance [PV Olympe]

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    Message  Émilie Simon le Dim 6 Sep - 22:43





    Olympe & Émilie
    « Having a second chance makes you want to work even harder. »

    Une deuxième chance
    C'était presque inespéré. Elle qui était tombée dans une routine abominable, il aura fallu un petit coup de pouce d'un excellent ami pour s'en sortir. Simplement voir que ce qui lui fallait était droit sous son nez. Que la place de Professeur de Lutte contre la Magie Noire était libre. À vrai dire, ce nouvel objectif avait redonné tout son peps à Émilie qui, avant cette nouvelle rentrée de Beauxbâtons, était bien déterminée à obtenir son poste.
    Malgré son jeune âge. Malgré son passé de "criminelle". Malgré tout ce qu'on pourrait mettre devant son chemin. Elle était prête.

    Retourner à Beauxbâtons fût plus difficile que prévu. Et à voir ses couloirs vides d'autant plus. Après tout, on n'était pas encore la rentrée, et les élèves n'étaient pas encore arrivés, ou alors ils se faisaient discrets pour ne pas risque de croiser l'Intendant, la Veneuse, ou tout autre personne du corps professoral. Émilie, quant à elle, était toujours restée aussi longtemps que possible en dehors de l'établissement durant les vacances. Après tout, c'est là que se passaient tous les tournois les plus intéressants de Quidditch.
    Revenir lui faisait cependant du bien, bien que plusieurs "merde" et "bouse de troll" furent lâchés au cours des quelques minutes que cela lui prit de venir jusqu'au deuxième étage, au niveau du bureau de Madame Maxime. Tout semblait avoir changé, et pourtant, tout semblait pareil à la fois. Peut-être étais-ce une vision plus adulte qu'elle avait à présent de ces lieux? Ce n'était plus le temps des premiers baisers, des expériences nouvelles et des cavales entre amis, mais un établissement remplit d'obligations, de transmission du savoir et surtout, d'obligation professionnelle. C'était nostalgique en quelque sorte.

    Devant la porte du bureau, Émilie ne se recoiffa pas. Ne prit pas une minute pour se recomposer. Ne soupira pas longuement. Non, elle avait déjà passé cet entretien dans sa tête plusieurs fois, elle avait déjà bien longtemps hésité à envoyer sa lettre. Il n'y avait plus que de la détermination. Un désir farouche de s'imposer, de prendre la place qui, dans un sens, lui était dû. Ou tout du moins, c'est l'état d'esprit dans lequel elle était.
    Il n'y avait plus à ressasser. Il n'y avait qu'Émilie et Olympe Maxime. Et Émilie se savait capable. Il n'y avait plus qu'à convaincre son interlocutrice qu'elle l'était.

    Sans hésiter donc, elle toqua fermement à la porte et attendit une "entrez". Une fois celui-ci arrivé, elle entra, le pas ferme, les yeux déterminés. Elle referma la porte derrière elle sans aucune douceur, vraiment, puis fixa la géante droit dans les yeux.
    Un blanc. Puis:

    « Bonjour, Madame la Directrice. »

    Rien d'autre ne lui venait à l'esprit, et très franchement, elle ne devait pas sembler aussi impressionnante que ce qu'elle aurait espéré. Mais vraiment, qu'espérait-elle? Avait-elle oublié que Olympe Maxime était, littéralement, une géante? Et ce n'était pas que sa stature qui la faisait briller de cette autorité. Au final, qui que l'on soit, surtout quand on était un ancien élève, on serait toujours un peu impressionné.
    Il faut dire que la Directrice de Beauxbâtons avait été pendant très longtemps son idole, ancienne enseignante dans le poste qu'elle convoitait, obstinée et à la main de fer. Dure, mais juste. En réalité, elles se ressemblaient énormément, et à cause de ses objectifs toujours si bien fixés et de sa droiture, Émilie avait toujours admiré la géante, la voyant comme une personne que presque tout le monde devrait prendre comme un exemple.
    Parfois, elle espérait devenir quelqu'un comme ça, qu'on prenait en exemple, un modèle à suivre, une inspiration. Mais aujourd'hui, c'^était différent. Aujourd'hui elle n'était rien du tout. Et aujourd'hui, c'était à Madame Maxime de décider si elle voulait lui laisser la chance de devenir quelqu'un comme ça. Ou si elle ne méritait pas de deuxième chance.

    Le faite qu'elle avait accepté de la voir tenait déjà presque du miracle. Il n'y avait plus qu'à espérer que cet entretien se passe aussi bien qu'Émilie espérait.
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    Message  Olympe Maxime le Lun 7 Sep - 19:10

    Jamais Olympe n'avait compté autant de défection dans les rangs de ses professeurs. Elle avait passé le plus clair de sa semaine à éplucher les candidatures en diverses matières dont la divination qui lui avait pris le plus clair de son temps. Mais elle devait aussi penser à remplacer le professeur de Lutte contre la Magie Noire et autant il y avait eu foule pour le poste de divination, autant il n'y avait pas eu beaucoup de monde se bousculant au portillon pour le poste de Lutte contre la Magie Noire. Il fallait dire que ce poste était délicat et très souvent critiqué pour les liens réguliers et nécessaires que le professeur enseignant avait avec la Magie Noire.

    Elle n'avait finalement que deux candidatures sérieuses : un ancien auror ayant travaillé au département de surveillance des créatures magiques du Gouvernement et cette petite Émilie Simon qui avait raté son intégration dans les rangs des aurors gouvernementaux pour une sordide histoire de détournement d'objets maudits et de pratique frauduleuse de magie noire... Non seulement il n'y avait pas beaucoup de choix mais en plus le chaland disponible n'était pas très bien coté par les carnets mondains.

    Le premier entretien qu'Olympe avait eu avec l'ancien auror avait cependant vite tourné au vent du nord au vu du discours très rigoriste et profondément anti-hybride de son interlocuteur. Olympe ne cherchait pas à engager un adjudant de caserne et encore moins un embrigadeur dans les idées étriquées des ultras sang-pur car il était très vite apparu que cet homme ne saurait pas tenir la neutralité de pensée qui était de rigueur dans le corps enseignant de l'Académie.

    Olympe misait donc beaucoup sur l'entretien de cette petite demoiselle qu'elle avait connu à Beauxbâtons du temps de ses études. Elle en avait gardé le souvenir d'une jeune fille volontaire et travailleuse quoiqu'à la sociabilité un peu bancale. Elle avait hâte de voir comment ces quelques années passées depuis sa sortie avaient fait changer Émilie mais aussi de juger par elle même en quoi Émilie pouvait être véritablement tenue pour responsable d'actes de Magie Noire et surtout voir si cette dernière n'avait pas marqué dangereusement la jeune femme.

    Lorsque trois coups volontaires furent frappés à sa porte, Olympe sortit de sa réflexion, reposa l'ancien dossier scolaire d'Emilie Simon ainsi que les coupures de presses expliquant l'affaire de Magie Noire qu'Ansèlme avait réussi à lui procurer. Elle glissa le tout sous son sous-main et croisa les mains sur son bureau.


    - Entrez, intima-t-elle de sa voix grave et feutrée.

    La porte s'ouvrit sous un geste ferme, peut-être même presque brusque et une jeune blonde très nature entra d'un pas décidé lui aussi à la limite de la brusquerie. La porte se referma aussi fermement qu'elle s'était ouverte tandis qu'en trois pas, la jeune Simon se retrouva en face du bureau de la géante, ses yeux bleus fermement plongés dans le regard d'émeraude un peu pâli par les années de Madame Maxime.


    - Bonjour, Madame la Directrice, salua-t-elle d'une voix ferme.

    Olympe esquissa un fin sourire poli et se ménagea son petit effet. Elle se leva lentement de sa chaise, dressant ses deux mètres et ses quarante centimètres au dessus de la jeune fille. Elle tendit alors sa main impeccablement manucurée vers une des deux chaises libres en face de son bureau et répondit :

    - Bonjour Madame Simon. Asseyez-vous, je vous en prie.

    Alors que la jeune femme s'exécutait, Olympe réintégra son fauteuil aux dorures rococo qui juraient particulièrement avec sa robe couleur corail. Elle croisa ses mains sur son bureau, dévoila une splendide opale grosse comme un oeuf de poule mais qui, montée en bague, était bien proportionnée par rapport à sa main.

    - Avez-vous fait bonne route? Comment trouvez-vous Beauxbâtons depuis votre dernier passage? On voit les choses radicalement différent lorsqu'un passe de l'autre côté du pupitre, pas vrai?

    Olympe n'était pas une femme cruelle de nature et elle n'avait pas besoin de rajouter un ton formel ou une discussion pompeuse pour impressionner son interlocutrice. Son petit (mais néanmoins imposant) doigt lui disait qu'il en faudrait de toute façon beaucoup plus pour impressionner ce petit bout de femme déterminée. Et puis d'ordinaire, la solennité du lieu et du décors faisaient déjà beaucoup pour impressionner les visiteurs. Elle avait donc adopté un ton affable pour briser quelque peu la glace.



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    Message  Émilie Simon le Mer 9 Sep - 10:35





    Olympe & Émilie
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    Une deuxième chance
    Madame Maxime s'était levée de toute sa hauteur, et Émilie ne l'avait pas quittée des yeux un seul instant, toutes deux yeux dans les yeux durant tout le mouvement. Au final, la sang-mêlée avait sa tête levée vers le haut, regardant celle qui lui faisait face. Elle devait sembler minuscule, là, en train de se tendre le cou pour regarder vers le haut. Elle n'était pas bien grande déjà, mais il était clair que l'hybride était d'une taille impressionnante. Mais ce n'était pas ce qui l'impressionnait le plus, au final.
    Lorsque Madame Maxime lui tendit sa main, Émilie la prit dans la sienne et donna une poignée franche et ferme, mais pas trop forte. Son père lui avait apprit comment on serrait les mains des gens, et elle savait bien qu'une poignée de main pouvait en dire bien plus que tous les mots du monde. Tout comme les mains. Et si les mains de la géante étaient soignées et manucurées, celles d'Émilie étaient remplies de cicatrices, à cause de Quidditch, et les ongles étaient coupés près de doigt, de telle sorte à ce qu'ils soient très courts.

    Une fois la poignée de main échangée, l'hybride invita Émilie à s'assoir et cette dernière s'exécuta sans plus de cérémonie. Elle attendait à présent à ce que l'interview commence, ou plutôt l'interrogatoire. Il était clair que Madame Maxime avait entendu parler de l'incident de Magie Noire, comme beaucoup de la populace magique grâce aux journaux, et il était certain qu'elle lui poserait des questions dessus. Et en toute honnêteté, Émilie aurait préféré que cela se passe tout de suite.
    Surtout que le bureau faisait son petit effet. Oh, Émilie n'y était jamais entrée de son temps à Beauxbâtons, bien qu'elle avait déjà visité plusieurs fois le bureau d'Ansèlme, l'Intendant, elle n'avait jamais rien fait d'assez grave pour être entraînée ici. Et à vrai dire, le bureau était assez...ridicule. Trop pompeux, trop doré, dans un sens, Madame Maxime ne semblait pas du tout aller avec l'ambiance de son bureau. Et pourtant, c'était la chose la plus impressionnante dans cette pièce: sa présence, sa prestance. Elle n'allait pas avec la pièce, mais lui donnait vie.

    Ce fut presque une surprise que Madame Maxime commence le toute avec des banalités, dans une voix plus douce que ce à quoi Émilie s'attendait. C'était normal, d'un côté, car la géante avait bien plus de classe qu'Émilie n'en aurait jamais, mais dans le fond, elle savait que toutes les deux attendaient de tomber sur le "sujet qui fâche". Que ce soit sur la magie noire ou sur la situation hybride, la jeune femme était plus inquiétée par le premier que le second.
    Elle savait après tout que la Directrice de Beauxbâons préférait tenir l'école à l'écart du conflit et ne prendre parti pour personne, tout en permettant à tous d'étudier dans son école. Et si la géante pouvait peut-être s'inquiéter, du fait qu'Émilie ait été sous la tutelle de la Chancellerie pendant quelque temps dans le cadre de son entraînement d'Auror, la jeune femme n'avait jamais vraiment adhéré aux croyances du gouvernement, tout en étant en désaccord avec la cause rebelle. En soi, elle était parfaite pour Beauxbâtons: elle ne donnait raison à aucun des deux côtés, et préférait de loin ne pas être mêlée à ces bêtises.

    Quoiqu'il en soit, par politesse, bien qu'avec une expression quelque peu contrite, Émilie répondit aux questions de la géante. Pas de doute dans la voix, bien que sa frustration était perceptible.

    « Voyager depuis Fontainebleau était différent du voyage depuis Paris, mais Beauxbâtons reste semblable à elle-même. Tout est pareil, tout est différent. Cela reste une école, els élèves resteront des élèves et les professeurs devront toujours partager leur savoir. Je suis prête à en faire de même, si c'est ce que vous demandez. »


    Elle fronça les sourcils: elle n'en tenait plus. Elle aurait très bien pu demander à Madame Maxime comment elle allait de son côté, ou ce qui avait changé, comment elle tenait tête à la Chancellerie, mais même si elle ne s'en foutait pas complètement, elle savait que là, sur l'instant, ce n'était pas l'important.

    « Madame Maxime, je sais que ce qui vous inquiête le plus n'est pas nécessairement de savoir si je trouve ça bizarre de revenir, mais de savoir si ce que vous avez lu dans les journaux était de la buse d'abraxans. Je veux dire.... des âneries. »


    Chassez le naturel, il revient au galop. Émilie se fit une note rapide de ne plus jurer devant la géante, mais c'était probablement peine perdue. Sans se laisser déstabiliser par son propre faux pas, elle continua:

    « J'avais dans mon appartement de Fontainebleau une salle secrète, remplie d'objets maudits et de lires interdits. Je ne les ai jamais utilisés sur quiconque, les utilisant uniquement pour ma propre éducation. Ce savoir acquit m'a permit de créer beaucoup de sortilèges permettant de se protéger de cette magie noire. Les articles ont beaucoup exagéré la taille de celle... collection et ont également largement exagéré l'utilisation que j'en ai fait. »


    Elle fit une pause, fixant encore une fois Madame Maxime dans les yeux. Elle restait muette, comme pour l'encourager à continuer. Après tout, c'était la seule chose à faire, il fallait qu'Émilie termine son histoire.

    « J'ai lancé et utilisé la magie noire sur moi-même, jamais sur personne d'autre. Je voulais pouvoir mieux comprendre et protéger les autres contre elle. Je n'ai jamais blessé personne d'autre que moi-même, je n'ai jamais eu l'intention de blesser personne d'autre et la Chancellerie m'a de toute façon interdit d'avoir en ma possession quoi que ce soit en rapport avec la Magie Noire. Je n'aurai pas eu envie de devenir Auror si ce n'était parce que j'avais envie de protéger les autres contre tout ce qu'on peut voir de mauvais dans ce monde. Et si partager on savoir, même celui qui j'ai acquis ces dernières années grâce à mes affaires, peut permettre à ne sauver ne serais-ce qu'une seule vie grâce à mes élèves, alors mon objectif sera rempli. »


    Émilie se tut, sa tirade terminée. Oh, elle n'espérait pas avoir convaincu Olympe en si peu de temps, en réalité, elle était certaine qu'elle aurait bien d'autre questions, voir à la réprimer pour certaines choses qu'elle avait faites, ou dites. Après tout, elle avait été elle-même professeur dans cette discipline, et elle aurait certainement son pont de vue pour ce qui était d'un professeur de lutte contre la magie noire qui usait de magie noire. Mais en toute honnêteté, la jeune femme espérait que la géante croyait aux deuxièmes chances.
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    Message  Olympe Maxime le Jeu 10 Sep - 10:05

    Olympe fut légèrement déstabilisée par la réaction d'Emilie qui lui saisit la main, pensant qu'elle lui offrait d'échanger une poignée alors qu'elle l'avait seulement invitée à s'asseoir dans un geste de politesse. Elle choisit de s'en amuser plus qu'autre chose. La jeune femme devait être sous tension et soucieuse de lui plaire. Aussi rendit-elle cette poignée de bon coeur et s'assit sans autre remarque.

    - Voyager depuis Fontainebleau était différent du voyage depuis Paris, répondit Émilie d'une voix légèrement tendue, mais Beauxbâtons reste semblable à elle-même. Tout est pareil, tout est différent. Cela reste une école, els élèves resteront des élèves et les professeurs devront toujours partager leur savoir. Je suis prête à en faire de même, si c'est ce que vous demandez.

    Olympe fut sensible à la réponse à la fois diplomate, légèrement philosophe et aussi au côté direct qu'elle impliquait. Émilie semblait être du genre à ne pas tourner autour du pot et prendre les questions qui fâchent à bras le corps. Ce n'était pas plus mal car ce genre de personnes perdaient rarement leur temps et le temps était quelque chose de trop précieux, surtout lorsqu'on avait un poste à responsabilité qui demandait qu'on lui en consacre énormément, comme c'était le cas avec la géante. Aussi, avant même qu'Olympe puisse amener le vif du sujet d'une manière un peu feutrée, Émilie reprit la parole.

    - Madame Maxime, je sais que ce qui vous inquiète le plus n'est pas nécessairement de savoir si je trouve ça bizarre de revenir, mais de savoir si ce que vous avez lu dans les journaux était de la bouse d'abraxan. Je veux dire.... des âneries.

    Émilie réussit la prouesse de faire se hausser un des sourcils d'Olympe à un niveau qu'il avait rarement atteint. Il était rare que quelqu'un ose affirmer savoir les pensées de la géante et encore moins s'exprimer avec un langage aussi fleuri en sa présence... Émilie ne le remarqua toutefois pas et poursuivit sur sa lancée.

    - J'avais dans mon appartement de Fontainebleau une salle secrète, remplie d'objets maudits et de livres interdits. Je ne les ai jamais utilisés sur quiconque, uniquement pour ma propre éducation. Ce savoir acquis m'a permit de créer beaucoup de sortilèges permettant de se protéger de cette magie noire. Les articles ont beaucoup exagéré la taille de cette... collection et ont également largement exagéré l'utilisation que j'en ai fait.

    Olympe sentit qu'Émilie éprouvait un besoin important de se justifier aussi complètement et rapidement que possible et garda le silence malgré la pause de la jeune femme. Elle pressentait qu'Émilie n'en avait pas fini. Elle vit juste.

    - J'ai lancé et utilisé la magie noire sur moi-même, jamais sur personne d'autre. Je voulais pouvoir mieux comprendre et protéger les autres contre elle. Je n'ai jamais blessé personne d'autre que moi-même, je n'ai jamais eu l'intention de blesser personne d'autre et la Chancellerie m'a de toute façon interdit d'avoir en ma possession quoi que ce soit en rapport avec la Magie Noire. Je n'aurai pas eu envie de devenir Auror si ce n'était parce que j'avais envie de protéger les autres contre tout ce qu'on peut voir de mauvais dans ce monde. Et si partager mon savoir, même celui qui j'ai acquis ces dernières années grâce à mes affaires, peut permettre à ne sauver ne serais-ce qu'une seule vie grâce à mes élèves, alors mon objectif sera rempli.

    Olympe accueillit la fin de la tirade avec un fin sourire. En soi, elle ne doutait pas de la volonté de bien faire et de la vocation altruiste de la démarche d'Émilie. Cela se sentait au premier abord qu'elle était une jeune femme déterminée et aux objectifs francs et assez nobles. Les questions qui brûlaient les lèvres d'Olympe étaient d'une toute autre nature et elle le lui fit comprendre :

    -  Je sais déjà tout celà, Madame Simon.

    Elle marqua une pause pour mieux savourer l'effet de cette simple réponse à laquelle Émilie ne devait sûrement pas s'attendre.

    - Voyez-vous, nous ne convoquons pas à Beauxbâtons des candidats à un potentiel titre de professeur sans nous renseigner quelque peu sur eux. Et si vous vous trouvez ici aujourd'hui, c'est que nous avons jugé que vous en étiez digne.

    Elle marqua une nouvelle petite pose, se redressant pour s'appuyer sur ses coudes posés sur le sous-main qui masquait le dossier monté par Ansèlme sur la personne d'Émilie Simon.

    - Je sais par expérience qu'on ne peut que très rarement se fier à la presse en ce pays, surtout que la plupart des quotidiens à gros tirage sont sous la coupe du gouvernement et que la chasse aux parts de marché les pousse trop souvent à donner dans l'exagération, le scandale ou le mélodramatique. Pour ma part, je n'y accorde jamais foi ou du moins à l'information la plus primaire qu'il soit.

    Ma curiosité s'intéresse aux choses différemment. Ainsi, si je ne doute pas de votre motivation plein et entière pour ce poste d'enseignant, je voudrais savoir si elle est vraiment compatible avec l'interdiction d'approcher ce qui touche à la Magie Noire sous le coup de laquelle vous vous trouvez. Exercer cette charge de professeur de Lutte contre la Magie Noire pourrait peut-être vous attirer des ennuis qui ricocheraient sur l'Académie pour vous avoir amenée à la pratiquer, car comme vous le dites si bien, pour l'étudier il faut bel et bien la pratiquer.


    Olympe marqua une petite pause et durcit un peu plus le ton :

    - Nous répugnerions à tendre un tel bâton à la Chancellerie alors que nous luttons sans relâche pour conserver une bonne entente de principe et éviter qu'elle ne se pique de mettre son grain de sel à Beauxbâtons.

    Elle passa sous silence le fait qu'en plus de cela, elle avait écarté un ancien auror très bien placé auprès du gouvernement pour se concentrer sur la candidature d'Émilie.

    - En résumé, ce n'est pas en vous que nous n'aurions pas confiance mais en la Chancellerie et en l'occasion de nous nuire au travers de vous. Quelle assurance pouvez-vous m'apporter que la Chancellerie ne nous importunera pas dans le cas où vous seriez engagée ici?



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    Message  Émilie Simon le Mer 7 Oct - 10:50





    Olympe & Émilie
    « Having a second chance makes you want to work even harder. »

    Une deuxième chance
    La réaction d'Olympe déstabilisa quelques instants Émilie et, à vrai dire, la surpris. Elle savait déjà tout ce qu'elle lui avait dit, et la question que la géante lui posa la laissa... perplexe. Non pas qu'elle n'y avait jamais pensé, au contraire même, avant d'envoyer sa lettre à Beauxbâtons elle y avait pensé maintes fois, en avait discuté avec son ami qui lui avait dit de se lancer, mais aussi avec sa défense lors de son procès. Défense qui avait d'ailleurs dû demander bien plus tôt des précisions durant son procès.
    Ainsi, c'est un sourire presque narquois qui, après quelques minutes de silence, se dessina sur le visage d'Émilie alors qu'elle fixa à nouveau la directrice droit dans les yeux. Elle avait la réponse, et avait déjà pensé à tout ceci. Pas à tout, elle n'était pas assez arrogante pour le prétendre, mais elle avait eu le temps pour réfléchir. Parce qu'il n'y a pas si longtemps, le temps, elle n'avait que ça.

    « Le jugement de la Chancellerie et sa sanction a été clair: je n'ai pas le droit de posséder d'artéfact ou de livres sur la magie noire. Cependant, il me semble que tout ce qui pourrait se trouver ici appartient à Beauxbâtons ou à ses divers professeurs. Cela ne serait donc pas en ma possession.
    De plus, je me rappelle bien que ma défense ait demandé au juge si par malheur un objet ou un livre de magie noire me tombaient entre les mains -et que je le feuilletais, en sachant ou non ce que c'était, ou si je devais l'ensorceler pour m'en protéger ou pour protéger les autres- étais-je punissable? La réponse était négative, car tant que je n'utilisais plus ces objets ou la magie noire, ce qui est de toute façon interdit, et que je n'en possédait pas, je n'irais pas à l'encontre du jugement. »


    Un souffle, une inspiration. Comme si la réalité de sa sentence revenait à elle. Mais il y avait l'alternative, toujours l'alternative qui lui donnait la liberté de postuler ici. Celle qu'elle avait tourné et retourné dans sa tête:

    « Alors, Madame la Directrice, n’importe qui pourrait me demander de travailler pour eux pour les protéger de la magie noire en utilisant mes connaissance, et l'Académie ferait exactement ça. Tant que rien ne m'appartient, l'Académie ne serait pas en danger... d'intrusion par la Chancellerie. »


    Alors qu'elle avait parlé, peu à peu son sourire c'était effacé. Son visage ne s'était pas pour autant fermé, reprenant simplement ce visage neutre qu'elle avait presque toujours. Non pas que sourire la fatiguait, mais ce sujet était plus que sérieux, plus qu'important pour Olympe, tout comme pour elle. Émilie mesurait l'importance de cet entretien, pour son futur, pour celui de Beauxbâtons. Dans l'idée qu'elle s'en faisait elle n'était pas la seule candidate un tant soit peu viable: elle savait que le poste de professeur de lutte contre la magie noire n'était pas le plus désiré, mais elle n'aurait probablement pas non plus cru qu'ils n'étaient que deux à se présenter.
    Après une petite pause dans son récit, vraiment pas plus de quelques secondes, la jeune femme blonde ajouta une seule et unique phrase, montrant peut-être toute sa détermination. Une personne plus dramatique aurait peut-être prit un ton grave, une mine attristée, en aurait fait tout un plat. Mais la sang-mêlée n'était que franchise, et c'est avec la même expression neutre qu'elle arborait toujours, les yeux rivés droit dans ceux de son interlocuteurs, de sa voix fluette et pourtant franche, presque sèche dans sa façon de s'exprimer qu'elle dit:

    « Et si la Chancellerie venait à s'occuper de nos affaire par ma faute, je démissionnerai. »


    Pour l'Académie. Pour ses élèves. Émilie pourrait très bien retomber dans son trous, sans un problème y sauter les pieds joint. Elle attendait qu'Olympe lui permette d'en sortir, de devenir professeur, de retrouver pied et pouvoir partager ce qu'elle savait, utiliser ses talents alors qu'elle ne pouvait devenir Auror.

    Malgré tout, elle semblait oublier quelque chose. Pensivbe, elle regarda rapidement par la fenêtre, avant d'ajouter en soupirant:

    « Mais je pense qu'il me faudra tout de même leur demander permission pour les cours de septième année sur la protection contre les sortilèges impardonnables. Je ne pense pas que nous pouvons nous permettre de ne pas apprendre aux élèves comment résister à Impero, ou de se protéger contre Endoloris. Et pour qu'ils s'en défendent, il faut quelqu'un qui les lance. »


    La jeune femme n'avait pas de solution miracle, bien qu'elle avait encore des amis Auror qui pourraient venir pendant ses cours, elle n'avait pas le droit, même par démonstration, de lancer ces sorts sans l'accord de la Chancellerie. Bien sûr, ce dernier était donné auparavant pour le bien des élèves au professeur de lutte contre la magie noire, mais à partir de maintenant, avec l'interdiction qu'à Émilie de lancer de la magie noir, elle devrait faire appel à quelqu'un d'autre, et de ce fait, pour ces cours particuliers, elle devrait faire appel à la Chancellerie. Il y avait quelque part une certaine chance à ce qu'elle ait encore sa licence de Legilimens...
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    Message  Olympe Maxime le Dim 18 Oct - 23:16

    Loin de se montrer déstabilisée, Émilie étira un fin sourire légèrement narquois sur son visage d'ange, ce qui eut le don de durprendre Olympe.

    - Le jugement de la Chancellerie et sa sanction a été clair: je n'ai pas le droit de posséder d'artéfact ou de livres sur la magie noire. Cependant, il me semble que tout ce qui pourrait se trouver ici appartient à Beauxbâtons ou à ses divers professeurs. Cela ne serait donc pas en ma possession.

    Olympe sourit à son tour : elle était finaude dans son raisonnement... à voir s'il se tiendrait jusqu'au bout.

    - De plus, je me rappelle bien que ma défense ait demandé au juge si par malheur un objet ou un livre de magie noire me tombaient entre les mains -et que je le feuilletais, en sachant ou non ce que c'était, ou si je devais l'ensorceler pour m'en protéger ou pour protéger les autres- étais-je punissable? La réponse était négative, car tant que je n'utilisais plus ces objets ou la magie noire, ce qui est de toute façon interdit, et que je n'en possédait pas, je n'irais pas à l'encontre du jugement. Alors, Madame la Directrice, n’importe qui pourrait me demander de travailler pour eux pour les protéger de la magie noire en utilisant mes connaissance, et l'Académie ferait exactement ça. Tant que rien ne m'appartient, l'Académie ne serait pas en danger... d'intrusion par la Chancellerie.

    Comme si elle retrouvait la dure réalité de son existence, Émilie effaça progressivement son sourire au fur et à mesure qu'elle parlait.


    - Et si la Chancellerie venait à s'occuper de nos affaire par ma faute, je démissionnerai, affirma-t-elle fermement, les yeux plongés dans ceux d'Olympe.

    Olympe fut partagée entre un sentiment d'admiration de ce qui aurait pu être de la détermination ou de gentille clémence pour ce qui aurait pu être une bravade de jeunesse lancée sans y réfléchir. Pendant ce temps, Émilie terminait sa réflexion.


    - Mais je pense qu'il me faudra tout de même leur demander permission pour les cours de septième année sur la protection contre les sortilèges impardonnables. Je ne pense pas que nous pouvons nous permettre de ne pas apprendre aux élèves comment résister à Impero, ou de se protéger contre Endoloris. Et pour qu'ils s'en défendent, il faut quelqu'un qui les lance.

    Olympe se renfonça dans son fauteuil, accouda ses bras sur les bras de son siège et ferma ses mains devant son visage, appuyant le bout de ses doigts les uns sur les autres.

    - Effectivement. Si votre sentence s'était bornée à une interdiction de posséder des objets maudits elle aurait été facilement contournable. Mais vu qu'apparemment vous n'avez pas non plus le droit de jeter le moindre sortilège noir, cela posera effectivement quelques soucis.

    Olympe fit le point presque à haute voix, pensant à la fois pour elle et pour Émilie.

    - Il est effectivement hors de question de prendre le risque de vous laisser jeter ces sorts sans savoir ce qu'en dirait la Chancellerie. Une solution serait qu'un autre membre du corps enseignant vous prête assistance pour ces cours afin de lancer ces sorts à votre place. Je me serais bien proposé de le faire mais je doute que ce soit une excellente idée de prêter le dos à ce genre de coup de bâtons. Si les choses se dégradent, il y a fort à parier qu'on ferait des gorges chaudes à la Chancellerie de savoir que la propre Directrice de l'Académie se pique de lancer des sortilèges impardonnables sur ses élèves, même dans la cadre réglementé d'un cours. Il faudrait voir si l'un de nos professeurs accepterait de s'en charger à défaut de quoi il faudra effectivement passer par une demande expresse auprès de la Chancellerie et vu que j'ai décliné la postulation d'un auror particulièrement recommandé par les autorités, il est fort probable que ces derniers cherchent à nous le faire payer.

    Olympe s'appuya alors sur ses accoudoirs, se leva et marcha d'un pas pensif le long de ses fenêtres. Il était inutile de feindre qu'elle avait une meilleure option que d'engager Émilie malgré ce problème. Elle avait très mal joué ce coup-là, autant jouer cartes sur table.

    - Dans tous les cas, nous nous devons... et je me dois d'assumer mes choix. Si personne ne vous prête son concours pour les leçons de septième année, je le ferai. Mais je vous demanderai de ne faire appel à moi qu'en dernier recours.

    Olympe volta sur ses talons et regarda Émilie d'un œil attentif. Trève de bavardages. Elle sentait qu'Émilie était une personne franche et directe, autant aller droit au but comme elle l'apprécierait.

    - J'ai pris le parti de vous offrir ce poste car par les gens qui courent, j'ai besoin de collaborateurs sûrs et fidèles. Je prend beaucoup de risque et fonde beaucoup d'espoir dans votre engagement. J'ose espérer que vous ne me décevrez pas et que ce contrat sera donnant-donnant. Je n'ai pour seule ambition que de maintenir à flot une des plus grandes institutions d'enseignement du pays. Je vous offre l'opportunité de rebondir professionnellement en m'y aidant. Voyez-y un geste de bienveillance ou un calcul bassement intéressé, je m'en contrefiche quelque peu. Tout ce que je vous demande, c'est de me donner votre parole que vous ferez votre possible pour maintenir la barque de Beauxbâtons à flot et de n'attirer aucun ennui à l'Académie par votre faute.

    Elle se dressa de toute sa stature et conclut :

    - Si vous vous engagez sur ce que vous avez de plus cher à respecter cet accord tacite, votre contrat est sur mon bureau, sous mon sous-main, il n'y a plus qu'à le signer.

    Elle lui tendit sa grande main impeccable quoique massive.

    - Marché conclu?



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    Message  Émilie Simon le Mar 8 Déc - 10:42





    Olympe & Émilie
    « Having a second chance makes you want to work even harder. »

    Une deuxième chance
    Le silence ne fût que de courte durée malgré ce qu'Émilie aurait pu imaginer, alors qu'Olympe se renonçait dans son fauteuil, à son tour pensive, réfléchissant de cette manière imposante, les doigts alignés en face d'elle, se touchant à leurs pointes. Peut-être qu'un jour, à force de travailler pour la semi-géante, elle arriverait à s'y habituer, à sa posture, sa grandeur, sa prestance, mais en toute honnêteté, Émilie en doutait grandement.
    Quelque part, elle espérait qu'un jour elle serait aussi imposante elle-même, pouvant réduire au silence les autres par sa seule présence, hybridation en moins. Que son nom un jour suffise à rendre muet les élèves, et qu'une pointe d'admiration reste toujours dans leur esprit, malgré tout ce qu'ils pouvaient dire de mal.

    Malgré tout, le silence fût bref, la directrice résumant alors la situation, probablement plus pour elle-même que pour Émilie, qui l'avait après tout fait encore et toujours depuis sa sentence, puis depuis l'envoi de son curriculum vitae à Beauxbâtons.
    Cependant, ce résumé de choses lui permit également d'apprendre quelque chose, c'était qu'un auror de la Chancellerie s'était proposé également. Et bien évidemment, la jeune femme savait que, quelque part, ce n'était qu'une façon du gouvernement de pénétrer insidieusement dans l'Académie. Émilie aurait presque eu la curiosité de demander qui était ce fameux Auror, mais elle se retint, ayant cependant une petite idée dans la tête, surtout si la Directrice l'avait si clairement rejeté. Pas tous les Auror suivaient les principes de la Chancellerie, la plupart, comme elle, voulaient simplement chasser les véritables criminels, pas les hybrides à tout prix, à cause d'un rêve d'enfance...

    Malgré tout, la jeune femme garda le silence, suivant simplement de ses yeux francs et sincères la semi-géante alors qu'elle se levait et commençait à faire les cents pas devant les fenêtres de son bureau, soulevant ses propres inquiétudes. Cependant, Émilie n'en avait pas tant, elle était certaine qu'ils trouveraient un professeur pour lancer ces sorts pour quelques cours autre que la directrice. Le professeur de sorts, peut-être, elle pourrait même voir l'infirmière lancer ces sorts, les ayant certainement étudié lors de ses études de médicomage, bien qu'il était vrai que la jeune femme se sentirait mieux de les lancer elle, ou de voir un de ses connaissances Auror le faire, sachant qu'ils avaient bien plus d'entraînement pour comment s'en défendre, et comment les lancer.
    Elle laissa tout de même la Directrice terminer son laïus, tant par respect que parce qu'elle attendait encore, quelque part, qu'elle lui dise la fin de sa pensée. Émilie était une personne qui en attendait autant d'elle-même que des autres et la franchise et l'honnêteté était une de ces choses. Madame Maxime l'avait bien comprit, car tournant sur ses talons en la regardant en face, lui dit exactement pourquoi elle avait accepté de voir Émilie aujourd'hui. La géante se dressait devant elle, comme pour l'intimider en quelque sorte, mais cela ne marchait pas. Peut-être parce que la jeune femme était déjà impressionnée depuis qu'elle avait ouvert la porte. Ou peut-être simplement parce qu'ancienne Armagnac, elle ne prenait toujours les intimidations sous une forme de jeu et de défi.

    Ainsi, elle releva elle-même la tête, et se leva, d'un geste souple et précis, et ferma les quelques mètres qui les distanciaient, avant de serrer la main de la directrice, de la même manière franche qu'au départ de l'entretien.

    « Marché conclu, Madame la Directrice. »

    Elle aurait pu ajouter "je ne vous décevrais pas" ou "vous pouvez compter sur moi", mais les actions avaient toujours plus de poids que les mots, et ce n'étaient bien évidemment souvent que les hypocrites qui prononçaient ses mots après une telle proclamation de la part de la semi-géante. Et de toute façon, c'était implicite, Émilie l'avait bien fait comprendre tout au long de l'entretien. En soi, elle n'avait pas de craintes, pas plus qu'en entrant dans le bureau, elle n'était pas rassurée pour autant. Elle connaissait le climat politique à l'extérieur, même si ce dernier la laissait indifférente, et savait qu'il fallait que les Professeurs de l'académie, et en particulier Olympe, se devaient de faire attention de ne pas laisser ce conflit s'insinuer dans ces murs.
    Et pour ça, Émilie et son procès contre le gouvernement magique français était un problème, même si le jugement avait été donné. Elle savait qu'on lui donnait une nouvelle chance, tant professionnellement que pour laver sa réputation et devenir quelqu'un de respectable pour les parents, les professeurs et les élèves. Pourtant, elle était ravie qu'elle soit un risque que la directrice se permettait et voulait prendre. Il y avait un certain honneur déjà là-dedans.

    Sans un mot, les deux femmes s'assirent à nouveau, sortant le contrat d'en-dessous du sous-main et laissant la jeune femme le signer. Quelques mots furent encore échangés, surtout des mondanités pour la souhaiter bonne chance, lui rappeler ses devoirs et qu'elle se devait de créer un plan de cours pour la rentrée, puis un au revoir.
    En refermant la porte derrière elle sur le bureau, Émilie vit devant elle Ansèlme souriant, qui la mena vers ses nouveaux quartiers pour la rentrée à Beauxbâtons en tant que professeur de Lutte contre la Magie Noire. Au final, elle lui rendit son sourire et le remercia quand il s'excusa, repartant à ses autres tâches.
    C'était, quelque part, une nouvelle vie qui commençait. Et Émilie n'en était que trop ravie.

    [Terminé.]
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