L'avenir est dans l'enseignement (PV Gimbya)

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    Message  Olympe Maxime le Lun 7 Sep - 16:52

    Cela faisait plusieurs jours qu'Olympe se débattait avec des soucis administratifs pour compléter son équipe pédagogique. La rentrée était imminente et plusieurs professeurs manquaient encore à l'appel. Aujourd'hui, c'était au poste de divination qu'elle consacrait presque tout son temps.

    Il fallait dite qu'elle en avait reçu des candidatures. La divination avait cette particularité d'être considérée comme de la comédie par une partie non négligeable de la population qui n'avait pas le don où qui refusait de le comprendre. Aussi les sorciers devins avaient de grosses difficultés pour faire valoir leur talents et les places se faisaient rares et chères. Beaucoup d'appelés, peu d'élus... et des candidats, il y en avait eu pléthore lorsqu'il s'était su que le poste de professeur d'arts divinatoires  Beauxbâtons était à pourvoir. Des dizaines de lettres de candidature étaient parvenu jusqu'au palais bleu et blanc de l'Académie et il avait fallu à Olympe le concours d'Ansèlme, le fidèle intendant de Beauxbâtons, pour opérer une première sélection parmi ce ras de marée de lettres.

    L'une d'entre elles avait particulièrement retenu son attention. Une belle enveloppe d'une couleur lilas sombre, aux bords décorés d'un liseré imprimé et à l'écriture élancée et volontaire. Elle y avait trouvé avec surprise la candidature de Gimbya Mabolela, une sémillante et extravagante chanteuse de jazz qui avait tourné casaque au sommet de sa carrière pour se lancer non sans un certain succès dans la diplomatie.

    Une rapide enquête sur cette femme avait appris à Olympe que non content d'avoir un charisme certain et une voix de velours, Guimbya Mabolela avait le don de voyance et qu'elle semblait l'avoir hérité d'une famille chez qui il était solidement présent à chaque génération. Il se murmurait même que si Madame Mabolela avait aussi bien réussi sa carrière de diplomate, c'était parce qu'elle avait su utiliser plusieurs fois et à bon escient ses talents de devineresse.

    Olympe était toutefois partagée sur le bien fondé de l'engagement de cette devineresse haute en couleurs. En soi, elle ne remettait pas vraiment ses talents en cause mais elle avait plutôt peur que sa personnalité exubérante et tranchante ne pose des soucis vis à vis des élèves. Avoir du talent était une chose, avoir de la pédagogie et savoir s'adapter à l'établissement d'enseignement en était une autre.

    De plus, Olympe avait une crainte supplémentaire. Savoir que Gimbya avait collaboré pendant des années avec le Gouvernement et avec le Chancelier Vendémiaire pouvait représenter un certain risque quant à la liberté et l'indépendance de l'Académie vis à vis du Gouvernement. Mais d'un autre côté, il pouvait être rassurant pour le Gouvernement de savoir une de ses anciennes employés dans les rangs des enseignants de Beauxbâtons. Il y avait du pour et il y avait du contre et Olympe devait avant toute chose tenter d'établir une relation de franchise et de confiance avec cette potentielle nouvelle recrue.

    Elle en était là de ses pensées lorsque quelques coups frappés à la porte de son bureau la tirèrent de ses pensées. Elle tourna la tête vers l'entrée tandis que la tête d'Ansèlme apparaissait dans l'embrasure de la porte entrouverte.


    - Madame Mabolela est arrivée Madame la Directrice.

    Olympe savait que lorsqu'Ansèlme utilisait ce ton officieux, cela voulait dire que son invitée se trouvait juste de l'autre côté de la porte et qu'il utilisait ce ton légèrement pompeux pour essayer d'impressionner le nouveau venu. Elle jeta un rapide coup d'oeil dans l'un des nombreux miroirs qui ornaient les murs de son bureau pour vérifier sa tenue. Impeccable comme à l'habitude elle passa machinalement ses mains sur les côté de sa coiffure qui consistait en un chignon serré sur la nuque dont trois Anglaises dépassaient sur ses épaules puis les passa sur le dessus de son corsage de taffetas carmin aux reflets prunes. Elle fit alors trois pas pour se positionner à son bureau et fit signe à son acolyte :

    - Faites-la entrer je vous prie Monsieur Hautecourt.

    L'Intendant disparut puis, trois secondes plus tard, les deux battants s'ouvrirent de concert pour laisser Madame Mabolela faire son entrée.



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    Message  Invité le Lun 7 Sep - 22:50

    Gimbya avait gardé la même vigueur que sa jeunesse lors de la montée des marches en compagnie de ce cher Ansèlme Hautecourt, intendant à l'allure démodée mais gentleman quand il le voulait bien. Avec une grâce féline et une nonchalance acquise après dix années de scènes, elle n'a pu s'empêcher de se pavaner dans le hall d'entrée comme pour montrer sa réussite, imaginant sûrement des élèves invisibles qui la regarderaient avec des yeux ronds et ahuris. Ils avaient croisés la Marquise, toute enjouée de voir une ancienne élèves de Bellegarde, avec laquelle Gimbya échangea quelques gammes vocales rapides pour finalement prendre congé dans un de ces faux-sourire bien connu des élites. Si, si, préservons les apparence. Bien que les instants partagés avec Voix-Sans-Tête, comme on aimait l'appeler à l'époque, firent de son séjour à Beauxbâtons un enfer artistique – le classicisme détient le pouvoir de faire germer des boutons sur sa peau – Gimbya n'ignorait pas son sens inné pour la mode et tous les conseils que le spectre lui avait prodigué.

    Ansèlme fut assez bavard, sûrement sous le charme de l'invitée. Ils bavardèrent jusqu'à atteindre le bureau de la directrice, abordant des sujets banals : la pluie et le beau temps, les affaires quotidiennes de l'académie, le manque d'enseignants, etc... Gimbya acquiesçait, relançait la discussion, comme elle en avait l'habitude depuis sa carrière politique, puis effleura la question de sa fille, Hélène. L'homme se tut quelques secondes et préféra ne pas répondre, annonçant aimablement – quand même – qu'ils  étaient devant la porte de la Directrice, Madame Olympe Maxime.


    _ Je vous fait patienter quelques instants, Madame, fit Ansèlme, pompeusement.

    _ Mais je vous en prie, Monsieur, répondit-elle, suave et tout sourire.

    Ce temps de latence put permettre à Gimbya de réfléchir. Tout était passé si vite, la correspondance, la date de l'entretient, et bien sûr le D-Day. Impatiente de coutume, l'âge devait bien faire son travail d'assagissement. La mort de son frère devait en être aussi la cause. Avant que la mélancolie ne la gagne, elle se remémora les dernières paroles qui lui avait parue si mordantes dans la bouche de son frère mourant et pourtant si vraie. « De nous trois, tu es celle qui peu voir les choses telles qu'elles sont. Même si nos visions existent, ce ne sont que des morceaux quand toi tu connais le puzzle entier du mystère. Arrête ces potions. Elles t'empêchent de suivre ta propre voie, celle que tu évites depuis trop longtemps. Ce don est un cadeau des nos parents, de nos ancêtres. Et toi, tu le bafoues comme ce fou d'Assim ». Non, Gimbya n'avait toujours pas réalisé le véritable sens des derniers mots sibyllins de son frère disparu. Pourtant son instinct lui soufflait de revenir à Beauxbâtons, qui pourrait bien être la scène d'un sombre combat...

    _ Madame Maxime va vous recevoir, lança le vieillard, interrompant le cours de ses pensées.

    Gimbya le remercia en s'inclinant légèrement. Sans baguette, elle ouvrit les deux portes à la façon des grand artistes et entra dans le bureau. C'était une pièce richement chargée, lumineuse et luxueuse, où de nombreux reflets s'entrecroisaient dans les miroirs encadrés de dorures, donnant ainsi une profondeur presque...royale. Quand elle aperçut la géante derrière son bureau, Gimbya ne put retenir un sourire amical en souvenir des années de brimades qui avait changée la jeune fille en une belle femme robuste et maintenant directrice d'une école reconnue.

    _ Ah, Olympe, s'écria-t-elle en levant les bras hauts, Le temps ne semble toujours pas prendre d'emprise sur toi ! Je me souviens encore du temps où nous étions jeunes et gambadaient dans les couloirs de cette école… Qui aurait cru qu'un jour, tu prendrais la place de Monsieur Jourdain. Ah, ce cher monsieur Jourdain… Ça ne nous rajeunit pas tout ça. En tout cas, tu as fait un énorme travail ici. La restauration du château te vaut bien mes félicitations, je dis bravo. Je dirais même bravissimo !
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    Message  Olympe Maxime le Mer 9 Sep - 17:36

    En deux secondes, la personnalité exubérante de Gimbya Mabolela emplit le bureau d'Olympe. Les bras grands ouverts dans une attitude de grande diva s'emparant de la scène, elle entra, nappée d'un parfum suave mais très entêtant. L'espace d'un instant, Olympe se dit que cette flamboyante devineresse était bien plus assortie au décor de son bureau avec son caractère envolé qu'elle avec son calme et sa légendaire placidité.

    - Ah, Olympe, claironna la créole en gardant les bras levés en sa direction. Le temps ne semble toujours pas prendre d'emprise sur toi! Je me souviens encore du temps où nous étions jeunes et gambadions dans les couloirs de cette école…

    Comme Olympe le craignait, Gimbya entama la conversation d'emblée sur un tutoiement trop familier au goût de la géante. De plus, leurs souvenirs semblaient être bien différents les uns des autres. Alors que Gimbya évoquait une jeunesse où elles semblaient avoir partagé la même jeunesse insouciante, Olympe se rappelait surtout une jeune fille qui même si elle ne l'avait jamais directement offensée l'avait gratifiée de sa plus parfaite indifférence, influencée par l'effet de groupe des Bellegarde qui ne trouvaient pas "cool" de parler à des Mercoeur... Olympe fit toutefois abstraction de ces constatations, choisissant de voir dans la familiarité de Gimbya une preuve de sa bonne volonté, du moins pour l'instant. Et puis, après l'éviction de l'ancien auror candidat au poste de Lutte contre la Magie Noire, il serait très inconfortable pour elle d'encore évincer quelqu'un qui serait dans les petits papiers de la Chancellerie...

    - Qui aurait cru qu'un jour, tu prendrais la place de Monsieur Jourdain, poursuivait Gimbya volubile. Ah, ce cher monsieur Jourdain… Ça ne nous rajeunit pas tout ça. En tout cas, tu as fait un énorme travail ici. La restauration du château te vaut bien mes félicitations, je dis bravo. Je dirais même bravissimo !

    Olympe la gratifia d'un de ses rares sourires bien qu'elle soit chevronnée à ne pas tomber dans les pièges de la flatterie. Elle n'en oublia pas moins de remercier sa visiteuse.

    - Merci, je te remercie, répondit-elle en adoptant, avec une légère hésitation de difficulté forcée, le tutoiement que Gimbya avait adopté spontanément. Mais c'est surtout Monsieur Hautecourt qui supervise les rénovations car je n'ai pas assez de temps pour tout superviser de A à Z.

    Elle se détourna de son bureau pour désigner de son impeccable main ornée d'un anneau d'or un canapé niché dans une alcôve du bureau.

    - Et si nous nous asseyons pour parler plus à notre aise? Je crois que nous avons de nombreux sujets à évoquer pour préparer au mieux la rentrée.

    Elle joignit le geste à la parole et s'assit aussi gracieusement qu'il était possible à une géante. Elle sonna une petite clochette de cristal posée sur le guéridon proche. Un instant plus tard, deux elfes de maison arrivèrent de nulle part portant un vaste plateau chargé de carafes de rafraîchissements variés, d'une cafetière et d'une théière ainsi que de trois petites assiettes de biscuits raffinés.

    - Puis-je te proposer un rafraîchissement? Ou quelque chose de plus chaud?

    Lorsque Gimbya eut fait son choix et qu'elles furent toutes deux servies, Olympe entra dans le vif du sujet.

    - Alors, dis-moi, qu'est-ce qui t'a poussé à répondre à cet appel pour le poste de professeur de divination? Je te croyais plutôt portée sur la politique ou sur la chanson depuis toutes ces années.



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    Message  Invité le Jeu 10 Sep - 18:45

    _ Je te remercie, mais c'est surtout Monsieur Hautecourt qui supervise les rénovations car je n'ai pas assez de temps pour tout superviser de A à Z, fit Madame Olympe avec modestie. Et si nous nous asseyons pour parler plus à notre aise? Je crois que nous avons de nombreux sujets à évoquer pour préparer au mieux la rentrée.

    Gimbya accepta avec joie, le sourire aux lèvres, se jouant du trouble que sa locutrice avait ressenti lors de son entrée magistrale. Elles s'assirent sur le sofa en velours pourpre en même temps, Gimbya face à celle qui l'avait invitée pour se tenir d'égal à égal. Elle porta ses mains à son turban noir qu'elle redressa ainsi que sa robe corbeau et effleura quelques instants sa broche victorienne, donné en cadeau par un vieil aristocrate anglais désabusé, comme pour impressionner la géante qui ne prit pas attention.

    _ Puis-je te proposer un rafraîchissement? Ou quelque chose de plus chaud?

    L'ancienne ambassadrice se servit un thé vert glacé à la rose sans dire un mot, sortant sa baguette en ébène pour ajouter les quelques glaçons à son verre, préférant laisser la parole à son hôte car n'ayant aucune cartes en mains pour le moment. Elle commençait petit à petit à la cerner et le silence semblait la rendre plus docile, malléable, et marquer aussi un profond respect.

    _ Alors, dis-moi, qu'est-ce qui t'a poussé à répondre à cet appel pour le poste de professeur de divination? Je te croyais plutôt portée sur la politique ou sur la chanson depuis toutes ces années, s'enquit-elle de demander.

    Bingo ! Gimbya se douterait bien qu'Olympe voudrait en venir au fait rapidement. Les trivialités n'était donc pas dans son agenda. Ce qui la fit sourire encore. Il fallait prendre son temps. La gorgée symbolique allait appuyer ce qui serait annoncé. Et ferait sûrement l'effet d'un scrout à pétard quand il explose.

    _ Beauxbâtons va tomber, lança la devineresse sans aucun scrupule. Je l'ai vu. La Chancellerie compte s'en prendre à l'Académie, Olympe. En faire un phare, que dis-je, une caserne à brigades anti-hybride et anti-moldu. Et tu seras évincée.

    Silence. Gimbya reprit du délicieux thé glacé, savourant chaque gorgée pendant que la Directrice l'écoutait d'une oreille attentive et attendait le reste de ses intrigantes révélations. Reposant son verre, la devineresse prit un ton bien plus sérieux et impérieux qu'à son habitude lorsqu'elle parlait affaire, jouant la carte de l'honnêteté.

    _ Ce sont les cauchemars qui me hantent depuis longtemps et sont devenus bien plus terrifiants depuis la mort de mon frère. Tu le sais aussi bien que moi, Olympe. La Divination n'est pas chose aisée à apprendre ni à enseigner puisqu'elle est très peu reconnue parmi notre assemblée. J'ai eu honte de mes visions pendant la majeure parti de ma vie et pourtant je me trouve là, devant toi, à essayer de te convaincre que sans moi, tu n'auras pas les armes nécessaires pour contrer les ambitions du Chancelier. Entre femmes, nous devons nous serrer les coudes en temps de crises. Et je ne compte pas perdre une seconde fois contre cet homme.
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    Message  Olympe Maxime le Jeu 10 Sep - 23:48

    [H.J: Et bien, quel sport d'entrée de jeu! Je ne m'attendais pas à ça et j'aime plutôt bien qu'on me surprenne, il y avait longtemps! ^^ ]

    Gimbya garda la note de sa théâtralité jusqu'au bout de son turban tandis qu'elle optait pour une boisson raffinée qu'elle agrémenta de glaçons d'un coup de baguette, ce qui eut le don d'agacer légèrement Olympe. Une fois que sa gorgée de thé glacé fut avalée, Gimbya reposa son verre et s'exclama d'une voix plus forte :

    - Beauxbâtons va tomber. Je l'ai vu.

    Olympe retint un léger tressaillement de ses yeux à l'annonce de cette funeste nouvelle.

    - La Chancellerie compte s'en prendre à l'Académie, Olympe. En faire un phare, que dis-je, une caserne à brigades anti-hybride et anti-moldu. Et tu seras évincée.

    Olympe fut contrariée de cette annonce mais ne céda pas à la panique. Elle savait que la divination était tout sauf une science exacte et que ce n'était pas parce qu'un devin avait une vision que cette dernière se réalisait automatiquement par la suite à moins d'être une prophétie. Mais elle savait aussi que les visions ne devaient pas être prises à la légère car si on ne faisait rien pour influencer l'avenir, elles se réalisaient bel et bien. Elle écouta Gimbya continuer sur un ton bien plus simple qu'à son habitude.

    - Ce sont les cauchemars qui me hantent depuis longtemps et sont devenus bien plus terrifiants depuis la mort de mon frère. Tu le sais aussi bien que moi, Olympe. La Divination n'est pas chose aisée à apprendre ni à enseigner puisqu'elle est très peu reconnue parmi notre assemblée. J'ai eu honte de mes visions pendant la majeure parti de ma vie et pourtant je me trouve là, devant toi, à essayer de te convaincre que sans moi, tu n'auras pas les armes nécessaires pour contrer les ambitions du Chancelier. Entre femmes, nous devons nous serrer les coudes en temps de crises. Et je ne compte pas perdre une seconde fois contre cet homme.

    Olympe but littéralement les dernières paroles de Gimbya. Elle y décela des trésors de curiosité qu'elle se devait de dissiper mais d'abord, elle se fit un devoir de montrer son sens des convenances. D'ailleurs, ce n'était pas de la pure convenance. Olympe était réellement sensible aux tragédies familiales et aussi ce fut avec une sincère affliction qu'elle dit à Gimbya :

    - Mes condoléances pour ton frère. Perdre un être cher n'est jamais facile.

    Mais elle ne se laissa pas distraire de son objectif plus que de raison :

    - Mais pour tes visions... Qu'est-ce qui te fait dire que tu serais en mesure de sauver l'Académie de ce destin funeste?

    Olympe était en effet curieuse de voir si Gimbya avait le présage d'un rôle clef à jouer ou si elle se sentait juste indispensable parce qu'elle pouvait vérifier à caque cauchemar si ses visions changeaient.

    Olympe avait aussi très attentivement noté la référence au Chancelier Vendémiaire et à cette mystérieuse défaite que Gimbya avait du lui concédé. Mais voulant éclaircir une chose à la fois, elle remit cette autre question à un peu plus tard, laissant à Gimbya le loisir d'éclairer sa lanterne sur sa première question.



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    Message  Invité le Ven 11 Sep - 20:12

    _ Mes condoléances pour ton frère. Perdre un être cher n'est jamais facile, la consola la directrice dans un instant mélancolique. Mais pour tes visions... Qu'est-ce qui te fait dire que tu serais en mesure de sauver l'Académie de ce destin funeste?

    Gimbya dut se rendre à l'évidence ; ses visions ne pouvaient lui mentir. L'entretient n'avait aucun angle mort. Elle le savait déjà. Un moment ou un autre, la réponse à cette question fatidique devait éclore à la lumière. La réflexion fut longue, pleine d'hésitations, de doutes, de certitudes infondés. C'était son frère qui l'avait poussée ainsi que sa fierté. Fierté qui la rendait rancunière. Rancunière contre l'homme aux milles pouvoirs. Et elle avait décidé de l'arrêter. Il fallait l'arrêter ! Coûte que coûte. Par toutes les armes en sa possession. Avant qu'elle ne perde la face. Avant qu'elle ne puisse plus se racheter auprès du pays de ses ancêtres. Avant que les ténèbres n'engloutissent des familles entières. Avant que le futur ne devienne présent.

    _ Olympe, ton Académie est l'un des derniers remparts contre la corruption, tu le sais, n'est-ce pas ? Si la forteresse tombe, alors tout ce en quoi je crois s'effondre avec.

    La tension rendait l'atmosphère presque suffocante. La directrice gardait son calme et se taisait. Après s'être servi un deuxième verre de thé glacé, Gimbya le but d'un trait pour continuer son récit de voyante. Elle savait que ces révélations étaient nécessaires pour accepter le destin. Il le fallait.

    _ Mes cauchemars…, commença-t-elle, difficilement, profondément troublée.

    Gimbya eut du mal à respirer. Elle se mit à tousser bruyamment. Soudain, une voix s'éveilla de son corps, à la fois masculine et féminine, hors du temps, ancestrale et juvénile. Comme possédée, Gimbya édicta sa prophétie, rivière limpide et résonnante :

    Un Enfant des Sables,
    Une Fille des Montagnes,
    Un Fils des Champs,
    Trois âmes gui gouvernent les plans
    Qui ne s'harmonisent que grâce à un.
    Celui-Aux-Milles-Mains dominera la chair
    Du vieux pays où gît le Lys.
    Celle-Aux-Milles-Têtes régira l'esprit
    Du terreau candide où gît le Gui.
    Celui-Aux-Milles-Regards vendra son âme
    Au sang qui parcourt le bourgeon de la terre nouvelle
    Qui ne pourra fleurir que grâce à une baguette de ronces
    Née depuis les ténèbres de l'humanité


    Le silence se fit brusque après cet étrange écho. Gimbya reprit son souffle et se leva, suivie de près par la directrice, abasourdie. La voyante s'empressa de reprendre le cours de la conversation avant même que son hôte ne puisse dire quoique ce soit.

    _ Olympe, mes cauchemars font de moi ta meurtrière...
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    Message  Olympe Maxime le Mar 15 Sep - 12:13

    Gimbya semblait désormais se révéler dans tout le sérieux dont sa nature était capable. Exit les effets de scène et les minaudages de diplomate. Elle parlait directement et gravement.

    - Olympe, ton Académie est l'un des derniers remparts contre la corruption, tu le sais, n'est-ce pas ? Si la forteresse tombe, alors tout ce en quoi je crois s'effondre avec.

    Olympe avait toujours fait en sorte de laisser son établissement à l'écart du conflit pour en faire un hâvre de paix et de tolérance entièrement tourné vers l'instruction et elle espérait secrètement que tous respecteraient cette apparente et louable neutralité mais la dernière phrase de Gimbya lui fit prendre conscience que même si on ne rame pas à contre courant, ne pas le suivre fait de vous un obstacle à la déferlante de la rivière. Gimbya avait raison. Tôt ou tard la Chancellerie risquerait fort de pointer du doigt l'Académie selon le vieil adage "si tu n'es pas avec moi, tu es contre moi"... Elle tenta cependant de nuancer ce dure contraste.

    - Je ne compte pas faire de l'Académie une forteresse, Gimbya. Ou du moins je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'elle n'en revoie jamais l'image même si dans les fait nous pouvons opposer une certaine forme de ... "résistance" (elle hésita fortement sur ce dernier mot) par rapport aux développements qui surviennent en dehors du mur de Garde.

    Mais Gimbya ne sembla pas sensible à cet argument que même Olympe sentait vide de substance derrière la croûte des bons sentiments. Fébrile, elle se resservi un verre de thé glacé et continua d'une voix tendant vers la basse :

    - Mes cauchemars…

    Mais elle n'aligna pas plus que ces deux mots, le souffle soudain très court. Elle se mit à tousser fortement.

    - Est-ce que ça va?, s'enquit Olympe, craignant un malaise de la voyante.

    Mais avant qu'elle ait pu esquisser un geste, Gimbya redressa le buste, les yeux perdus dans le vague. UNe voix profonde et résonnante s'éleva de sa cage thoracique et emplit le bureau à la décoration surchargée de dorures.


    "Un Enfant des Sables,
    Une Fille des Montagnes,
    Un Fils des Champs,
    Trois âmes gui gouvernent les plans
    Qui ne s'harmonisent que grâce à un.
    Celui-Aux-Milles-Mains dominera la chair
    Du vieux pays où gît le Lys.
    Celle-Aux-Milles-Têtes régira l'esprit
    Du terreau candide où gît le Gui.
    Celui-Aux-Milles-Regards vendra son âme
    Au sang qui parcourt le bourgeon de la terre nouvelle
    Qui ne pourra fleurir que grâce à une baguette de ronces
    Née depuis les ténèbres de l'humanité"


    Olympe resta abasourdie un instant. Il fallait qu'elle se soit fait la réflexion d'une prophétie un instant avant pour que soudain Gimbya en énonce une! Tout ce que Gimbya lui avait dit jusqu'à maintenant prenait une autre tournure avec cette prophétie édictée qui d'une manière ou d'une autre devrait impérativement se réaliser. Il restait à espérer qu'elle possédait suffisamment de mystères et de double-sens pour que Beauxbâtons et Olympe s'en tirent sans trop de casse. Mais ce qu'Olympe craignit le plus à ce moment, c'est que Gimbya ait inconsciemment mis le Gouvernement sur une piste dangereuse car les prophéties étant ce qu'elles étaient, chacune d'entre elles était magiquement collectée et admise dans un département ultra secret du ministère de la Justice... Une prophétie d'une telle portée et d'une telle ampleur ne manquerait pas de susciter au minimum une très vive curiosité et au pire... Mais déjà Gimbya la tirait de ses angoissantes réflexions.

    - Olympe, mes cauchemars font de moi ta meurtrière...

    Olympe prit une profonde inspiration et rassembla tout ce qu'elle put de son calme et de son flegme légendaire.

    - Et bien tu sais ce qu'on dit : "Il faut garder ses amis proches et ses ennemis encore plus proches". Je crois que ton installation à Beauxbâtons s'impose désormais d'elle-même, que tu sois amie ou future ennemie.

    Olympe posa alors sa mais sur l'épaule de la devineresse qui s'était levée pour aller regarder mélancoliquement par la fenêtre.

    - Ce troisième homme dont parle ta prophétie, c'est le Chancelier Vendémiaire n'est-ce pas? Qu'est-ce qui te lie si étroitement avec lui? Quelle est cette défaite dont tu parlais tout à l'heure? Si tu veux que je t'aide à éviter le pire, il va falloir jouer franc jeu. Je ne peux pas prendre les décisions au mieux de ce qui s'impose si je n'ai pas toutes les cartes en main.



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    Message  Invité le Mar 15 Sep - 16:01

    - Olympe, mes cauchemars font de moi ta meurtrière…

    Gimbya rejoignit la fenêtre à gauche du bureau pour laisser échapper ses pensées. Encore une fois, ses visions apportaient le mal qu'elle cherchait à vaincre depuis des lustres ; ce sentiment de honte refaisait surface, mêlé de l'incompréhension des événements précédents. C'était bien la première fois que son corps n'avait pas été le sien et elle ne se savait prête à retenter l'expérience. Évoquer la prophétie et avouer ses cauchemars avait complètement abattue son armure et toutes ses chances pour devenir enseignante étaient maintenant réduite à néant. Si jamais tout cela se savait par les médias, tous son travail depuis ses débuts en tant qu'ambassadrice jusqu'à ses derniers instants seront balayés par le scandale...

    _ Et bien tu sais ce qu'on dit : "Il faut garder ses amis proches et ses ennemis encore plus proches". Je crois que ton installation à Beauxbâtons s'impose désormais d'elle-même, que tu sois amie ou future ennemie.

    La directrice s'était approchée d'elle pour poser une main délicate et amicale sur son épaule. Gimbya n'en revenait pas qu'Olympe puisse lui faire confiance. Elle risquait de perdre la vie… Non, ce n'était pas de la confiance. Plutôt de la méfiance.* Reprends-toi, ma vieille *, se fit-elle à elle-même. Il fallait encore prouver que son désir était de la défendre et d'aller à l'encontre de son destin et ce, malgré de quelconques visions. Depuis quand la divination était perçue comme une magie exacte comme la botanique ?

    _ Ce troisième homme dont parle ta prophétie, c'est le Chancelier Vendémiaire n'est-ce pas? Qu'est-ce qui te lie si étroitement avec lui? Quelle est cette défaite dont tu parlais tout à l'heure? Si tu veux que je t'aide à éviter le pire, il va falloir jouer franc jeu. Je ne peux pas prendre les décisions au mieux de ce qui s'impose si je n'ai pas toutes les cartes en main.

    L'ancienne ambassadrice se ressaisit. Ce Fils des Champs renvoyait sûrement à Celui-Aux-Milles-Mains et était bien évidemment le Chancelier, elle ne pouvait le nier. La Fille des Montagnes ou Celle-Aux-Milles-Têtes n'était autre qu'Olympe Maxime, elle-même. Quand était-il de cet Enfant des Sables ? Ou Celui-Aux-Milles-Yeux ? Gimbya faisait-elle aussi parti de la prophétie tiré de ses propres entrailles ? Elle ne le savait pas, mais là encore, tout concordait. Avant d'en venir aux conclusions hâtives, la sorcière prit le temps de répondre à la question de son nouvel employeur.

    _ J'étais alors en Algérie en ce temps-là, à l'Ambassade de France, commença Gimbya calmement. Les affaires se passaient à merveille quant à l'alliance franco-algérienne. Le parlement d'Algérie a reçu les pleins pouvoirs de la région mais restait néanmoins sous les règles françaises. J'ai du me rendre auprès d'activistes anti-chancellerie pour calmer les tensions, jouer un pont entre le parlement et leurs recommandations. La question de l’École de Sorcellerie de Uagadou fit surface aussi mais il fut ratifié que maintenant chaque sorcier qui naissaient sur le sol africain seraient envoyé dans cette académie et non plus à Beauxbâtons. Puis, quand sont venus les questions hybrides… Le jeu s'est corsé. Le parlement cherchait à les accepter parmi les sorciers car certains, comme les djinns, contribuaient aux charges parlementaires mais la Chancellerie ne l'entendait pas de la même oreille.

    Gimbya fit une pause dans sa narration. Tous les souvenirs de cette époque lui revenaient en tête, frais et pourtant si lointain. Tous ces débats, ces discussion sur le sujet : les sorciers avant-gardiste qui désiraient un amendement de tolérance et de faire des hybrides pur souche des êtres capable de faire la sorcellerie commune ; les conservateurs, encore puissants à l'époque, qui ne cherchait que l'anoblissement du sang sorcier et non pas hybride ; etc. Et puis, la Chancellerie s'est joint à l'affaire puisqu'il s'agit d'une question d'ordre nationale.

    _ J'ai décidé de dévoiler les intentions aux parlementaires algériens concernant la position anti-hybride de la France magique. Ou du moins l'impasse légale dans laquelle se trouvait le pays. Je pensais alors que ça leur permettrait de comprendre où se plaçait le pays qui les avait colonisé. J'ai été licencié pour ne pas avoir soutenu son honneur le Chancelier, mais on a fait passer ça sous couvert de ma retraite. On voulait éviter le scandale et le soulèvement des Rebelles. Tant que je garderais le silence sur cet incident et sur certaines questions diplomatiques, on ne me traînera pas en Justice. Bref, dès lors, j'ai oscillé entre la France et l'Amérique puis je suis revenu m'installer à Jouvenceaux après la mort d'Hakim.

    Prononcer le prénom de son frère lui permit de reprendre de l'assurance. Même si ses dernières paroles la marquèrent et apportaient avec elles son lot d'impuissance face à l'avenir, Gimbya ne pouvait se résoudre à abandonner lâchement le combat qu'elle avait engagé sournoisement contre la Chancellerie et ses engagement conservateurs.

    _ En tout honnêteté, Olympe, j'espérais une protection de l'école. Je suis certaine d'être suivie par les larbins de ce Vendémiaire de malheur. Surtout depuis qu'il sait pour ma postulation ici. Sans parler de mes visions. Je ne voulais pas tout dévoiler, mais voici les raisons qui me poussent à rejoindre le poste d'enseignant. N'aie crainte, je ne compte pas me dérober à la tâche et faire mon travail comme il se doit. Élève ici, je me surprenais à rêver que je serais professeur. Pas de divination, non, mais de Sortilèges. Ou de Potions. Enfin, j'espère que tu ne tiendras pas compte de mes faiblesses et que tu jugeras bon de me prendre dans tes rangs sans avoir quelques impositions que se soit.
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    Message  Olympe Maxime le Sam 26 Sep - 14:49

    Olympe écouta attentivement le discours de Gimbya. Ainsi elle avait été congédiée du Gouvernement pour sa prise de position à l'encontre de la politique générale. Olympe en fut légèrement ennuyée. C'était vrai que d'un côté elle obtenait l'assurance que Gimbya ne serait pas un pion du Clancelier mais d'un autre, elle réalisait que son projet de plaire à la Chancellerie en accueillant une ancienne membre de leurs rangs pour faire oublier l'éviction d'un auror au poste de Lutte contre la Magie Noire passait également à la trappe. Au contraire même, elle accueillait une dissidente et serait doublement mal vue pour le coup. Olympe décida cependant qu'elle n'avait qu'une parole et que au vu de ce que Gimbya lui avait expliqué avec sa prophétie, elle ne pouvait vraiment plus se passer d'elle.

    - En tout honnêteté, Olympe, j'espérais une protection de l'école. Je suis certaine d'être suivie par les larbins de ce Vendémiaire de malheur. Surtout depuis qu'il sait pour ma postulation ici. Sans parler de mes visions. Je ne voulais pas tout dévoiler, mais voici les raisons qui me poussent à rejoindre le poste d'enseignant. N'aie crainte, je ne compte pas me dérober à la tâche et faire mon travail comme il se doit. Élève ici, je me surprenais à rêver que je serais professeur. Pas de divination, non, mais de Sortilèges. Ou de Potions. Enfin, j'espère que tu ne tiendras pas compte de mes faiblesses et que tu jugeras bon de me prendre dans tes rangs sans avoir quelques impositions que se soit.

    Olympe eut un sourire mais ne laissa pas passer la petite demande de "sans conditions".

    - Je n'ai qu'une parole Gimbya. Tu es la bienvenue à l'Académie et tu pourras y trouver le refuge que tu désires tant que tu n'enfreins pas ses règles et que tu donnes un enseignement de qualité dont le souci premier est l'épanouissement des élèves.

    Olympe alla se rasseoir à son bureau pour donner un peu plus de caractère officiel à ses dernières recommandations.

    - D'autre part il y a encore deux points sur lesquels je voudrais insister. Premièrement, le caractère exubérant et volubile dont tu fais ton quotidien. Je tiens à ce que en tant que Professeur et surtout en tant que Chevalier des Bellegarde, tu fasses preuve de pondération dans tes paroles et tes actes afin de ne pas être taxée de favoritisme ou d'injustice envers qui que ce soit. Une parole mordante ou à double sens a vite fait d'être mal interprétée par un élève et vu les raisons qui t'ont amenées jusqu'ici, il vaut mieux ne pas prêter le dos aux coups de bâtons, n'est-ce pas? C'est également pour cette raison que je te demanderai de faire très attention à ton approches de certaines matières mantiques, particulièrement celles qui se rapportent au vaudou et à une magie plus tendancieuse et noire comme la nécromancie. Beauxbâtons à la réputation d'être une école très éloignée de la magie noire et des pratiques magiques plus sombres et morbides et je tiens à ce qu'elle le reste. Je ne dis pas qu'il ne faut pas aborder ces sujets mais encore une fois, je te demanderai de le faire avec la plus grande prudence et de t'en tenir à une étude très épurée et plutôt théorique pour éviter qu'on puisse te reprocher une quelconque incitation à la pratique des arts obscurs par la suite.

    Olympe sortit de son sous-main un gracieux papier bouffant frappé d'enluminures dorés et de lettres écrites à l'encre bleu azur. Elle s'empara d'une plume sur son bureau et la tendit à Gimbya.

    - Moyennant ces petites mises en gardes et si tu n'as pas d'autres observations ou questions, je crois que rien ne s'opposera à ce que tu signes ta nomination effective au sein de l'Académie.



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    Message  Invité le Sam 26 Sep - 23:05

    - Je n'ai qu'une parole Gimbya, la rassura Olympe. Tu es la bienvenue à l'Académie et tu pourras y trouver le refuge que tu désires tant que tu n'enfreins pas ses règles et que tu donnes un enseignement de qualité dont le souci premier est l'épanouissement des élèves.

    La directrice retourna à son bureau, cherchant sûrement à lui faire comprendre une certaine hiérarchie et officialité de la chose qui allait être dite. Gimbya n'avait plus vraiment d’inquiétudes maintenant que son poste lui était promu. Elle avait pu confié ses visions à quelqu'un de vivant, non un journal intime qui lui sert surtout à réfléchir et à éclaircir ses pensées absconses. Son frère pouvait reposer en paix à présent. Dès aujourd'hui, Mama Gimbya renaissait sous un nouveau jour. Ce n'était plus l'artiste, ni l'ambassadrice, mais bien  l'enseignante de la prestigieuse école de Beauxbâtons. Qui aurait cru qu'un jour son destin la porterait sur l'estrade académique ?

    - D'autre part il y a encore deux points sur lesquels je voudrais insister, continua Olympe avec une certaine fermeté. Premièrement, le caractère exubérant et volubile dont tu fais ton quotidien. Je tiens à ce que, en tant que Professeur et surtout en tant que Chevalier des Bellegarde, tu fasses preuve de pondération dans tes paroles et tes actes afin de ne pas être taxée de favoritisme ou d'injustice envers qui que ce soit. Une parole mordante ou à double sens a vite fait d'être mal interprétée par un élève et vu les raisons qui t'ont amenées jusqu'ici, il vaut mieux ne pas prêter le dos aux coups de bâtons, n'est-ce pas?

    Gimbya acquiesça sans broncher. Elle ne pouvait que comprendre. Les élèves n'avaient pas encore le temps de comprendre le temps...

    C'est également pour cette raison que je te demanderai de faire très attention à ton approches de certaines matières mantiques, particulièrement celles qui se rapportent au vaudou et à une magie plus tendancieuse et noire comme la nécromancie. Beauxbâtons à la réputation d'être une école très éloignée de la magie noire et des pratiques magiques plus sombres et morbides et je tiens à ce qu'elle le reste. Je ne dis pas qu'il ne faut pas aborder ces sujets mais encore une fois, je te demanderai de le faire avec la plus grande prudence et de t'en tenir à une étude très épurée et plutôt théorique pour éviter qu'on puisse te reprocher une quelconque incitation à la pratique des arts obscurs par la suite.

    Gimbya se mordit les lèvres. Elle espérait abordé la nécromancie. Légale, bien sûr. Elle ne souhaitait pas exhumer des cadavres pour les contrôler comme des coquilles vides, non. Peut-être devront-elles s’arranger entre elles pour convenir d'une « bonne » nécromancie. Bien que la devineresse n'usait guère de cet art divinatoire pour faire de la magie noire, il est clair que certains élèves pourraient l'utiliser à dessein et transformer ses cours en pratiques malveillantes. N'eut-elle réfléchi que quelques instants, Olympe lui tendait une plume pour signer son contrat de travail, étonnement décoré avec une certaine coquetterie. Gimbya s'enquit de glisser le bout de la plume sur le papier et ainsi sceller son avenir avec une calligraphie azurée.

    _ Tu m'as bien cernée, Olympe, sourit la nouvelle professeur de divination. Concernant la nécromancie, je préfère taire tes craintes. Je ne suis pas une adepte de la magie noire comme l'ont pu être certains de mes ancêtres esclaves. Certes, je compte apprendre aux étudiants quelques compétences en la matière, mais elles ne porteront sûrement pas sur l'exhumation d'un cadavre ou la scarification. J'imaginais plus un apprentissage que je qualifierais de chirurgical, archéologique et spécialement réservé aux septième année. D'ailleurs, si je pouvais user de la Crypte sous l'aula magna, ce serait parfait. Ainsi, mes élèves pourront approfondir leurs connaissances historiques.

    La sorcière de couleur avait reprit son ton d'actrice comme pour laisser les événements précédents dans un placard fermé. Ses yeux noirs fixèrent la directrice comme pour lui prouver de quoi elle était capable et que sa confiance pouvait lui être donnée. Gimbya espérait même devenir une de ses amies. Avec le temps passait ensemble, elles sauraient s'entendre comme des sœurs. Avant cela, il faudra commencer par devenir la mère de ses élèves. Une mère intransigeante mais encourageante pour quiconque le voudra bien. Bientôt, ce sera la rentrée...
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    Message  Olympe Maxime le Dim 27 Sep - 0:10

    - Tu m'as bien cernée, Olympe, concéda Gimbya avec une franchise qui plut beaucoup à Olympe. Ce genre d'aveu d'une personne telle que Gimbya avait son lot de saveurs même si Olympe n'était pas du genre à chercher à s'en délecter.

    - Concernant la nécromancie, reprit la devineresse, je préfère taire tes craintes. Je ne suis pas une adepte de la magie noire comme l'ont pu être certains de mes ancêtres esclaves. Certes, je compte apprendre aux étudiants quelques compétences en la matière, mais elles ne porteront sûrement pas sur l'exhumation d'un cadavre ou la scarification. J'imaginais plus un apprentissage que je qualifierais de chirurgical, archéologique et spécialement réservé aux septième année.

    Olympe eut un petit hochement de tête satisfait.

    - D'ailleurs, si je pouvais user de la Crypte sous l'aula magna, ce serait parfait. Ainsi, mes élèves pourront approfondir leurs connaissances historiques.

    Olympe releva la tête d'un mouvement vif, surpris et légèrement contrarié.

    - La crypte des Anciens? Que pourrais-tu bien y faire? C'est un endroit secret et je dirais même dangereux. Certains de ses caveaux renferment des secrets d'une complexité et d'une puissance sans nom dont je ne connais moi-même pas toutes les potentialités. Je ne me sentirais pas du tout à l'aise de révéler à certains élèves l'existence de cet endroit et encore moins de savoir que seules quelques dalles de pierre les séparent de sorts, d'objets magiques et peut-être même de créatures aussi dangereux qu'anciens.

    Olympe conclua avec un petit froncement de sourcils :

    - Tu as une classe qui t'es spécifiquement attitrée. Je ne vois pas pourquoi nous devrions prendre le risque de faire descendre des élèves dans la crypte même s'ils sont peu nombreux et en dernière année.



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    Message  Invité le Dim 27 Sep - 3:18

    - La crypte des Anciens? Que pourrais-tu bien y faire?, l'interrogea la directrice contrariée. C'est un endroit secret et je dirais même dangereux. Certains de ses caveaux renferment des secrets d'une complexité et d'une puissance sans nom dont je ne connais moi-même pas toutes les potentialités. Je ne me sentirais pas du tout à l'aise de révéler à certains élèves l'existence de cet endroit et encore moins de savoir que seules quelques dalles de pierre les séparent de sorts, d'objets magiques et peut-être même de créatures aussi dangereux qu'anciens.

    Gimbya affichait un sourire vainqueur. Faire une joute était merveilleusement ce dont elle avait besoin après tout le remue-ménage précédent. La sorcière continua d'écouter la géante assise dans son fauteuil royal et la laissa finir son message désapprobateur, reflétant bel et bien l'invitation à répondre de sa requête.

    - Tu as une classe qui t'es spécifiquement attitrée. Je ne vois pas pourquoi nous devrions prendre le risque de faire descendre des élèves dans la crypte même s'ils sont peu nombreux et en dernière année, insista la directrice.

    - Certes, je ne suis pas en mesure de te demander quoique se soit, cependant… Il faut savoir que la dernière année à Beauxbâtons sera déterminante pour nos élèves. C'est souvent en ces moments que nous désirons nous sentir utile et je pense que contribuer à la découverte des secrets des morts pourrait combler leurs attentes…  et les miennes. Je ne souhaite que l'emprunter début janvier jusqu'à juin dans la plus grande discrétion. Seulement la salle principale. Et je m'engage à les protéger en cas de problèmes, bien évidemment. Je pourrais même demander de l'aide à cette… comment s'appelle-t-elle déjà… mademoiselle Simon ? Son attrait pour les choses dangereuses pourrait s'avérer utile, si tu ne veux pas que j'y aille seule avec nos élèves. A moins que tu préfères te joindre à moi pour ce cours uniquement, ce qui ne manquera pas, j'en suis sûr, de faire s'ébruiter babillages et autres commérages parmi les étudiants. Bien loin de la discrétion que tu exiges et désires...

    La géante semblait réfléchir face à cette pléthore d'éléments et avant même qu'elle puisse ajouter quoique se soit, Gimbya jeta ses derniers arguments, abandonnant son sourire pour un air grave qui ne pourrait que la convaincre.

    - Olympe, cette prophétie exige des explications et je pense que les reliques confinées dans cette crypte peuvent bien plus nous servir qu'on ne le pense. Mon sens divinatoire me conduit inexorablement là-bas. Mes élèves pourront contacter le savoir des anciens mais grâce à mon don, j'observerais des mystères qu'ils ne pourront voir. Tout ceci restera dans les plus grand secrets. Et servira à l'éducation des ces jeunes gens promis à un avenir lumineux. Du moins, si nous trouvons Celui-Aux-Milles-Yeux. Et pour cela, je dois me rendre là-bas sous couvert de mon cours. Les élèves n'auront rien, je m'y engage, sur ma vie et celle de Zahran, ma vipère.
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    Message  Olympe Maxime le Sam 10 Oct - 17:56

    Gimbya retrouva son sourire de composition, son sourire d'"actrice" comme Olympe l’appellerait à l'avenir sachant le double jeu de personnalité dont Gimbya était capable.

    - Certes, je ne suis pas en mesure de te demander quoique se soit, cependant… Il faut savoir que la dernière année à Beauxbâtons sera déterminante pour nos élèves. C'est souvent en ces moments que nous désirons nous sentir utile et je pense que contribuer à la découverte des secrets des morts pourrait combler leurs attentes…  et les miennes.

    *peut-être même surtout les tiennes?* pensa Olympe en son fort intérieur car elle doutait que beaucoup d'élèves seraient intéressés de pratiquer la nécromancie autrement que motivés par une curiosité qu'elle jugerait malsaine.

    - Je ne souhaite que l'emprunter début janvier jusqu'à juin dans la plus grande discrétion. Seulement la salle principale. Et je m'engage à les protéger en cas de problèmes, bien évidemment. Je pourrais même demander de l'aide à cette… comment s'appelle-t-elle déjà… mademoiselle Simon ? Son attrait pour les choses dangereuses pourrait s'avérer utile, si tu ne veux pas que j'y aille seule avec nos élèves. A moins que tu préfères te joindre à moi pour ce cours uniquement, ce qui ne manquera pas, j'en suis sûr, de faire s'ébruiter babillages et autres commérages parmi les étudiants. Bien loin de la discrétion que tu exiges et désires...

    Olympe fronça les sourcils. Si elle jugeait qu'avoir recours à l'aide d'Emilie Sinon était une bonne idée, elle n'apprécia pas l'insinuation certes juste mais mesquinement servie de Gimbya. Comme si elle sentait qu'elle devait abattre toutes ses cartes pour tenter de convaincre la géante, Gimbya poursuivit :

    - Olympe, cette prophétie exige des explications et je pense que les reliques confinées dans cette crypte peuvent bien plus nous servir qu'on ne le pense. Mon sens divinatoire me conduit inexorablement là-bas. Mes élèves pourront contacter le savoir des anciens mais grâce à mon don, j'observerais des mystères qu'ils ne pourront voir. Tout ceci restera dans les plus grand secrets. Et servira à l'éducation des ces jeunes gens promis à un avenir lumineux. Du moins, si nous trouvons Celui-Aux-Milles-Yeux. Et pour cela, je dois me rendre là-bas sous couvert de mon cours. Les élèves n'auront rien, je m'y engage, sur ma vie et celle de Zahran, ma vipère.

    Olympe eut un soupire résigné.

    - Tu sais Gimbya, il aurait été plus simple de m'expliquer ça dès le début plutôt que de prétexter l'utilité de cette matière pour les élèves.

    Olympe se leva de nouveau et s'approcha de la fenêtre.

    - Personnellement je suis contre car je crois sincèrement que la majorité des élèves même de dernière année ne seraient mus que par une curiosité plutôt malsaine pour le côté morbide de cette matière plutôt que par un intérêt réel pour les enseignements tirés des morts.

    Elle marqua une pause, laissant Gimbya croire un instant à son échec.

    - Cependant, Beauxbâtons a toujours eu la réputation d'être l'établissement proposant aux élèves une offre de cours la plus variée et la plus fournie au monde et même si mes convictions personnelles ne vont pas vers cette matière, la nécromancie existe bel et bien et si nos élèves intéressés n'ont pas l'opportunité de l'étudier à l'Académie, ils ne l'auront nulle part ou en tout cas, ils courront le risque de l'apprendre avec des personnes peu dignes de confiances ou à mauvais escient. Je vais donc autorisé la tenue de ce volet de cours sur la nécromancie mais j'y poserai à nouveau certaines conditions.

    J'insiste pour que le plus grand secret possible soit gardé autour de ce volet de cours. Je te laisse imaginer quelle conséquence désastreuse cela aura lorsque l'existence de ces derniers arrivera aux oreilles de la Chancellerie, autant faire tout notre possible pour que ça se produise le plus tard possible. Ensuite, comme tu le suggérais justement et pour plus de sécurité, j'exigerai la présence d'Émilie Simon avec toi ainsi que la présence de Monsieur Hautecourt pour ouvrir et refermer la crypte à chacun de vos passages. Ces conditions ne seront pas négociables.


    Et sur ce point, le regard qu'Olympe lança à Gimbya lui fit clairement comprendre qu'elle ne pourrait altérer cette décision. De toute façon, elle obtenait ce qu'elle voulait, il était de bonne guerre de ne pas trop tirer sur la ficelle.

    [HJ] Vraiment désolé pour le temps de réponse, je suis au sprint ces derniers jours :s



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