Un Jour de Plus [PV] (Joachim)

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    Message  Invité le Jeu 10 Sep - 12:55






    UnJour de Plus

    « Rappelez-vous de ce qui arrive aux choses qui ne se plient pas ... »

    ♫ Borgia : Main Theme ♪

    Depuis le lever du soleil, caché derrière les nuages, la pluie n'avait pas cessé de tomber, bien plus abondamment que le pays n'en avait besoin … et l'après-midi, qui ne faisait que commencer, s'annonçait tout aussi pluvieuse que le début du jour. Le ciel était sombre et chargé de nuages aux teintes gris-bleuté, et parfois un vent violent venait secouer les arbres et les choses. L'été s'éloignait à grands pas, pour laisser sa place aux prémices de l'automne.

    Mais cela n'avait pas empêché le Chancelier de faire seller les éthonans, et encore moins d'accomplir ce qui était prévu en ce jour. Ses penseurs en matière de choses-pratique-mais-pas-vraiment-utiles avaient imaginé mille et une astuces pour rendre le voyage du Chancelier et de sa suite le moins pénible possible : sortilèges d'imperméabilité contre la pluie, invisibilité lors de l'envol des chevaux, sorts de dissimulation pour les ailes, rien n'avait été oublié, pas même l'enchantement anti-odeur pour repousser le parfum si particulier du poil mouillé et de la sueur des chevaux. Rapides et élégants, les chevaux ne mirent pas longtemps à atteindre Jouvenceaux malgré la distance qui séparait le village de la chancellerie. A leur arrivée dans la rue Lugoise, le martèlement des chevaux au galop firent s'écarter le peu de personnes qui traînaient là malgré le temps. Personne ne l'ignorait : il n'y avait que les Membres du Gouvernement pour se déplacer de la sorte, et les gens avaient appris à craindre le bruit des fers sur les pavés, car le Gouvernement se déplaçait rarement pour venir boire le thé. Pourtant, aujourd'hui, c'était bien de cela dont il était question, et à l'approche de Chez Tante Odile les cavaliers quittèrent la rue principale pour des ruelles plus étroites, et surtout à l'abri des regards. Le Chancelier et sa suite laissèrent les chevaux à l'arrière de la boutique, et Maximilien entra seul dans le salon privé où l'attendait Odile.

    Il resta plus longtemps que lui-même ne l'aurait voulu, Odile étant ce qu'elle était : une femme, aux paroles inépuisables. Sans plus attendre et sans un mot, la police magique qui accompagnait le Chancelier se remit en selle, et ils repartirent presque aussi vite. La plupart des rues étaient inondées par la pluie incessante, et tandis que les cancans d'Odile tournaient dans l'esprit de Maximilien, les chevaux passèrent devant une boutique qu'il ne connaissait que trop bien : l'Enchanteur Hardi, qui avait su se tailler une réputation digne des plus grandes enseignes de part le talent de son propriétaire, Joachim d'Ackley. D'un geste de main, le Chancelier stoppa le cortège, et les chevaux s'arrêtèrent alors devant le magasin de baguettes. Silencieux, Maximilien mit pied-à-terre, confia son cheval à l'un des cavaliers resté en selle et pénétra dans la boutique à moitié vide, pour ne pas dire complètement. Les achats de rentrée étaient passés depuis longtemps, et le temps exécrable ne donnait envie à personne d'aller faire les boutiques. Pour ce que Maximilien avait à y faire, cela lui convenait parfaitement.

    La famille d'Ackley faisait partie des rares personnes à qui Maximilien devait quelque chose, et si cette situation ne lui plaisait pas le moins du monde, il devait s'en accommoder, sinon la régler le plus vite possible. Le Chancelier était un homme patient, et concernant les d'Ackley, il avait décidé de prendre les choses en main, de peur de voir la situation échapper à son contrôle : la vérité, c'était qu'il ne tenait pas du tout à rendre un service qui ne lui était pas profitable, et encore moins qui pouvait lui peser. Maximilien était de ces gens-là : il voulait le beurre et l'argent du beurre, et il n'avait absolument pas l'intention de faire exception pour ces petits bourgeois au sang-pur.



    Comme tu peux le constater, j'ai encore eu une autre idée pour l'intro, j'espère que ça te convient également !
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    Message  Joachim d'Ackley le Ven 11 Sep - 22:07



    Un jour de plus
    « For us, and for her, to lead on and ease what hurts. To take sides, to take pride, to fight through disguise and lies? »

    La pluie avait quelque chose de calmant, lorsque personne ne rentrait dans la boutique de l'Enchanteur Hardi, que tout le monde restait à se réfugier dans les cafés ou dans la librairie, à attendre que le mauvais temps passe. Bien évidemment, lorsque les membres de la Chancellerie arrivaient sur leurs grands chevaux, et ce dans tous les sens du terme, il y avait encore moins de gens dehors.
    Heureusement pour Joachim cependant, il n'y avait rien qui pouvait intéresser la Chancellerie chez lui. Il n'était pas assez fou pour aider les Rebelles directement dans sa boutique et préférait de loin le faire à l'extérieur de Jouvenceaux, prétextant un voyage quelconque, que ce soit pour voir de vieux amis, de la famille ou aller récolter de lui-même de quoi créer ses objets de ferronerie magique. Ainsi, il n'avait rien à craindre, et c'est simplement en se postant à la fenêtre, une tasse de thé à la vanille aux lèvres qu'il observa le Chancelier et sa suite s'introduire dans le salon d'Odile, ou tout du moins dans sa rue parallèle. Tout le monde savait bien qu'elle aimait beaucoup son ex-gendre et, en tant que vieille commère, lui donnait autant d'informations qu'elle le pouvait. C'est bien par là, après tout, que passaient pas mal de fausses informations fournies par les Rebelles. Les commérages ne sont après tout pas toujours fondés.

    Le prétendu sang-pur se détourna de la fenêtre, laissant son furêt Lancelot monter dans son dos et se loger au niveau de sa nuque. Son animal de compagnie détestait la pluie et ce, même s'il était bien au chaud à l'intérieur. Il préférait de looin venir se réchauffer et se lover près de son maître, que ce soit à sa nuque ou dans son gilet en tweed gris. Proche de son corps et de la chaleur corporelle, le furêt aimait d'autant plus lorsque, dans leur appartement au-dessus de la boutique, Joachim allumait un feu et lisait un livre, sirotant du thé. Plus de chaleur, plus de caresses et un maître moins préoccupé.
    Car oui, le quart-de-sirène était préoccupée par l'arrivée à Jouvenceaux du Chancelier, car il savait d'avance que ce dernier allait profiter pour venir du côté de la boutique et parler avec lui, pour tenter une énième fois de lui rendre un service dont Joachim ne voulait pas. Les d'Ackley avaient bien joué leur jeu pour garder leur côté hybride caché au monde, et en ayant ce Chancelier fanatique dans la poche à cause de ce service à rendre, ils savaient que le jour où les hybrides seraient vraiment privé de tout droit, les d'Ackley hybrides seront toujours vu comme des sangs-pur. Joachim voyait très bien ce qui se passait, et au final c'était bien joué, bien que lui-même n'aimait guère le Président. Dans un sens il était l'ennemi, un sang-mêlé qui agissait comme un sang-pur. C'est tout du moins ce que l'on murmurait dans son dos.

    Joachim s'assit à son bureau, posant sa tasse, l'échangeant contre sa baguette, et il se mit à créer quelques objets. Remplir les stocks après la grosse vente de la rentrée qui avait déjà eu lieu quelques jours auparavant. Il ne mettait cependant pas tout son esprit à l'ouvrage, car il attendait le son de la clochette de l'entrée qui sonnerait l'entrée de Maximilien Vandémaire dans sa boutique. Et lorsqu'on y met pas toute son âme, on ne peut pas faire des baguettes de qualité.
    Ainsi, il se passa plusieurs heures, grâce à Odile très certainement, avant que le Chancelier n'arrête sa troupe de chevaux sur le pas de la porte de sa boutique et n'y entre, faisant sonner la clochette de la prote, et faisant se réfugier Lancelot dans le gilet de Joachim. Joachim releva la tête, et se leva, donnant un sourire qui semblait sincère, mais ne l'était aucunement, au Chancelier de la France Magique. Joachim n'avait aucune amitié pour cet homme dur, mais la bienséance et des années de mondanités l'avaient préparé à sourire, même à ceux qu'il n'appréciait pas.

    Sortant de derrière son bureau, la baguette toujours en main, il fit signe au Chancelier d'entrer.

    « Entrez, entrez seulement monsieur le Chancelier. Laissez votre veste mouillée sur le porte-veste, je vous prie. Souhaitez-vous quelque chose à boire? »


    D'un coup de baguette, un sort informulé, il essuya la flaque qu'avait laissé le Chancelier au pas de la porte et le mena vers l'intérieur de la boutique, vers deux sièges face à face. Il lui fit signe de s'assoir, puis s'assit lui aussi. Lancelot le furêt, quant à lui, se déplaça dans le gilet de Joachim pour rester caché. Lui non plus n'appréciait pas plus que cela Maximilien Vandémaire.
    Toujours tout sourire, Joachim posa sa baguette sur la table qui le séparait du Chancelier, mais toujours à portée de main, ne sait-on jamais. Il se mit plus à l'aise dans son siège, les jambes croisées, les mains entre-mêlées.

    « Que me vaut cette visite officielle? Tant de gens devant le pas de ma porte, j'espère que ce n'est pas votre baguette qui s'est cassée, ce serait fâcheux! »


    Un peu d'humour, bien sûr, mais Joachim savait exactement pourquoi il était là. Cet homme était un homme qui n'aimait pas avoir de dettes, mais il en avait une. Ce qui est bête pour lui, c'est que Joachim n'avait aucune intention de lui laisser s'en défaire. Ce n'était pas à son avantage, pas à celui de sa famille et, autant Joachim avait-il pu avoir des ressentiment face aux d'Ackley pour lui avoir caché la vérité toutes ces années, autant l'amour qu'il portait aux membres de sa famille était infini et il en était très protecteur. Si ne pas laisser au Chancelier gagner du terrain pouvait sauver la vie de ses cousins, tant mieux.
    Cependant, Joachim savait également que plus il laisserait le Chancelier se languir, plus il se mettait lui-même et Elizabeth en danger, car Maximilien risquerait d'un peu trop fouiner et de découvrir ses liens avec les rebelles.

    [HJ: C'est parfait ne t'inquiète pas ;)]
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    Message  Invité le Lun 14 Sep - 14:29






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    « Rappelez-vous de ce qui arrive aux choses qui ne se plient pas ... »


    La clochette si familière des entrées de boutique tinta, et le Chancelier n'eut pas à attendre bien longtemps avant de croiser le regard du fabricant de baguette, qui s'affairait à la création de quelques bricoles que Maximilien ne prit pas même la peine de distinguer, plus par indifférence que par réel respect. En passant le seuil de la porte, le Chancelier ôta son bicorne et salua le maître des lieux d'un signe de tête.

    « — Monsieur d'Ackley »

    Il retira sa veste qui, grâce à la magie des sortilèges appliqués, avait su restée imperméable malgré la pluie battante des intempéries, et la déposa à l'endroit convenu. Maximilien avait beau être sorcier depuis toujours, la différence significative qui existait entre l'aspect extérieur de l'Enchanteur Hardi et son intérieur demeurait indéniablement déroutant. Qui aurait pu croire qu'une si petite porte pouvait mener à une si grande pièce ? Le plafond était haut et les murs éloignés, mais pourtant Maximilien avait cette impression de confinement. Il se souvenait encore de la première fois qu'il était entré ici pour venir acheter sa baguette … bien des choses avaient changé depuis, en bien comme un mal. Il faisait bon et sec dans la boutique du vendeur de baguette, et Maximilien en fut fort satisfait, car si la pluie ne le dérangeait pas, il détestait l'humidité. Le Chancelier n'était pas homme à se plaindre, et s'il haïssait bien des choses, il les supportait toutes, cependant cela ne le dispensait pas d'avoir ses préférences et ses répugnances.

    Tandis que le Chancelier déposait sa veste, d'Ackley lui proposa à boire, et cela lui rappela les quelques heures qu'il venait de passer au salon de thé.

    « — Sans façon, je vous remercie » refusa-t-il poliment.

    Maximilien avait déjà fait le plein chez Odile, à qui l'on ne refusait jamais rien, et il lui parut qu'il avait bu une quantité suffisante de thé pour le maintenir sans soif pour les jours à venir. Si la politesse était de mise en de pareilles circonstances, Maximilien n'en pensait pas moins : il n'était pas là pour prendre le thé, et tout le monde le savait, d'Ackley le premier. Leur petit jeu était une mascarade aux règles bien instables qui, à tout moment, étaient susceptibles de changer. L'un comme l'autre savaient ce qu'ils risquaient en jouant de la sorte, et si Joachim avait une longueur d'avance sur le Chancelier – car Maximilien ignorait tout du lien qui unissait d'Ackley aux Rebelles – le chef d'Etat n'en demeurait pas moins l'adversaire le plus dangereux des deux, car il avait une chose que le marchand de baguette ne possédait pas : le pouvoir. Pourtant, et au grand désarroi de Maximilien, cela ne semblait pas le dérouter, car d'Ackley tenait bon, et ce de main de maître : il ne pouvait le nier. Derrière les faux semblants, les deux hommes avaient très bien compris l'ampleur de la situation, et si le jeu de Joachim demeurait sans bavure, Maximilien le suspectait d'y prendre un malin plaisir

    Un sourire mesuré se dessina sur les lèvres du Chancelier lorsque d'Ackley le questionna sur la raison de sa visite. Etait-ce une question de baguette ? Il ne croyait pas si bien dire …

    « — Quand bien même cela serait le cas, ne serais-je pas au bon endroit ? » rétorqua le Chancelier avec un sourire faussement amusé. Il fit une courte pause, avant de continuer « Laissez-moi vous rassurer : ma baguette se porte très bien … »

    Affirma Maximilien, qui entrait dans son jeu. Le Chancelier laissa l'homme s'assoir et s'installer, et malgré l'invitation du fabricant de baguette, le politicien resta debout, déambulant un instant dans la boutique, les mains jointes dans le dos, tout en restant à proximité de l'homme pour qui il était là. Le regard du Chancelier se perdit un moment parmi les innombrables boites posées sur les étagères.

    « — … cependant, j'avoue ne pas être là pour elle, ni pour aucune autre, si ce n'est la votre » continua Maximilien après un instant de silence « Votre baguette, et votre talent » précisa-t-il en lui jetant un regard par-dessus son épaule.

    Restant à une certaine distance, le Chancelier se tourna pleinement vers d'Ackley, assit un peu plus loin. Les bottes de l'homme d'Etat cognèrent doucement sur le sol de la boutique, tandis qu'il tournait autour du ferronnier magique.

    « — Saviez-vous que votre réputation avait dépassé les frontières de notre pays ? » déclara Maximilien « On parle beaucoup de vous ces derniers temps, à la Chancellerie comme ailleurs »

    Affirma le Chancelier. Les formes, encore et toujours. C'était ce qu'on attendait de lui, c'était les règles du jeu, mais la partie qui s'annonçait était déjà connu des joueurs, tout comme son issue. S'ils perdaient leur temps ? Pas tout à fait, car il n'avait pas dit son dernier mot …



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    Message  Joachim d'Ackley le Mar 6 Oct - 21:24



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    Le Chancelier avait refusé tant sa proposition de prendre du thé -peu étonnant sachant d'où il venait, même s'il espérait que ces entrevues avec Odile restaient secrètes- autant que son invitation d'assoir, cependant Joachim ne broncha pas. Pas un froncement de sourcil, pas une moue quelconque. Tous deux savaient que le Chancelier était là pour parler affaires, et surtout, Joachim se doutait quelque part que Maximilien Vandémiaire préférait rester debout. S'imposer. Faire part de sa prestance de politicien. Rester au-dessus d'un simple sang-pur qui créait des baguettes.
    Joachim avait toujours cru que le Chancelier avait un petit complexe d’infériorité. Ce besoin de pouvoir, de ratatiner les autres, être au-dessus d'eux. Pour un homme plutôt petit, il avait une grande ambition. Cependant, son charme et sa prestance ne pouvaient rien face à Joachim qui en avait tout autant, réputation et compétences à l'appui.
    Il était un d'Ackley, un sang-pur: toute sa vie il avait apprit à irradier, être le seul à être vu dans une pièce où tout le monde voulait qu'on les voit. Quoique puisse vouloir faire Maximilien de son langage corporel, qu'il soit conscient ou non, il n'aurait pas d'effet sur Joachim. Il n'était pas impressionné, car l'homme n'était à ses yeux pas impressionnant. Il avait beau être l'état, mais quand on commençait à côtoyer de rebelles on se disait que l'état, au final, n'avait pas tant de pouvoir que ça. Ou que, tout du moins, on pouvait le lui retirer, l'ébrécher peu à peu.

    Ainsi il resta impassible, son sourire toujours aux lèvres. Car Joachim était un homme souriant, un homme d'affaire, un vendeur. Et ce petit jeu ne l'amusait pas, mais il faisait semblant que si. Des faux-semblants, il connaissait, et il danserait avec l'homme du gouvernement aussi longtemps qu'il faudrait danser. Éviter de se faire marcher les pieds. De la valse au tango, virevoltant encore et toujours.

    Le Chancelier regarda son travail, lui fit remarquer qu'il était au bon endroit pour faire réparer sa baguette si c'était le cas. Cela aurait pu, en temps normal, arracher un véritable sourire à Joachim, mais pas pour cet homme. Il savait très bien où il voulait le mener. Il attendait simplement qu'il aborde le sujet. Et il vint, presque aussitôt après un court silence, pour dramatiser sans doute. Ils mesuraient tous deux leurs mots. Un jeu du chat et de la souris, où il n'y avait pas vraiment de chat et de souris. Le Chancelier voulait mener la danse. Et il voulait danser le tango.
    Il lui parlait de sa réputation. Qu'on parlait de lui en France et à l'étranger. Joachim aurait presque eût envie de rire. Vraiment, il allait dans cette direction? Bien évidemment qu'il avait une réputation, ou alors il n'aurait pas cette boutique, il ne serait plus un d'Ackley, ou alors enfermé avec sa passion comme l'était son grand-père. Vraiment, le Chancelier en savait bien trop peu sur cette famille qu'il tentait de faire plier.

    Joachim ne se laissa pas déconcerte, il ne fit que sourire au Chancelier, toujours ce sourire d'un gentleman ravi d'avoir un invité de si haute stature. Il ne répondit cependant pas à son invitation, reprenant simplement ce qu'il avait dit plus tôt, continuant leur conversation comme si de rien n'était, mais envoyant un message bien clair: il ne mènerait pas la danse. Pas aujourd'hui, ni demain. Tant qu'un secret était un secret, ce serait jamais. Mais bien sur, ça, Maximilien ne pouvait le deviner.

    « Effectivement, vous seriez au bon endroit, mais cela reste fâcheux qu'un Chancelier se voie dépourvu d'un de ses outils, n'est-ce pas? »


    Il laissa planer une petite pause lui-même. Dramatiser l'instant, lever sa baguette, faire s'approcher une théière et une tasse, la laisser le servir, laisser la théière retourner à sa place, puis tout laisser flotter dans les airs, le temps qu'il repose sa baguette. Il prend doucement la tasse et la sous-tasse dans sa main - un très joli set de porcelaine aux couleurs de Villeroy qui plus est- et prit doucement une gorge. Il fit un petit signe comme si c'était trop chaud, reposant alors le toute sur ses jambes qu'il croisa.
    Se remettant en arrière, toujours tout sourire, Joachim retourna son attention vers le Chancelier. Il décida alors de mener la danse lui, accompagnant son discours alors avec d'amples gestes, comme une diva qui se laissait désirer.

    « J'ai beaucoup voyagé, Chancelier Vandémiaire. Je sais ce qui se dit de moi. Mais voyez-vous, cette boutique m'appartient à présent, elle fait briller le nom des d'Ackley par mon travail, et elle est ouverte à tous ceux qui voudraient bien me voir. N'avez-vous donc pas peur d'étouffer mon talent en m'enfermant dans vos petits bureaux de la Chancellerie? Entourés de centaines de ferronniers moins compétents que moi, étouffant ma créativité? »


    ... et avec un gros risque de se faire repérer en tant qu'hybride. Rien de grave quand on travaille pour la Chancellerie uniquement, mais quand on collabore avec les rebelles...
    Joachim le savait bien, et l'État-Major des Rebelles également: avoir quelqu'un comme Joachim au sein de la Chancellerie pourrait être bon, surtout que beaucoup pensaient que malgré son hybridation, à cause de la qualité du travail de Joachim et de son nom de famille, ce dernier ne lui ferait rien, peut-être en acceptant même de garder le secret des d'Ackley un secret. Mais si un jour la Chancellerie apprenait que Joachim aidait les rebelles, ce n'est non seulement lui, mais ses cousins hybrides qui étaient en danger. Un risque que Joachim n’était pas prêt de prendre.

    C'est bien pour cela qu'il refuserait encore et toujours Maximilien. Car s'il devait accepter, cela voudrait dire couper les ponts avec les Rebelles, et pas la même occasion Elizabeth et il n'y était pas prêt. Cela n'apporterait rien à la cause, trop à la Chancellerie, et avec tout le mépris qu'il éprouvait pour l'homme qui se tenait face à lui, il ne voulait certainement pas lui donner une once de pouvoir supplémentaire.
    Le Chancelier Vandémiaire perdait son temps avec l'homme assit devant lui. Mais pour Joachim, c'était aussi bien comme cela. Plus il perdait du temps à le convaincre, moins il en aurait pour les rebelles. Autant jouer avec le feu, danser une valse qui durerait une éternité, la mener en douceur, et peut-être courir à sa propre perte. Mais pour beaucoup de raisons, Joachim était prêt à faire ce sacrifice.


    [HJ: Désolée pour ce presque-mois de retard, l'encyclopédie et mes cours m'ont prit plus de temps que prévu! :stp: ]
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    Message  Invité le Mar 13 Oct - 12:17






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    « Rappelez-vous de ce qui arrive aux choses qui ne se plient pas ... »


    Maximilien Vendémiaire était bien des choses et portait bien des rôles.

    Parfois – souvent – l'homme qu'il était derrière tout ça avait bien du mal à se faire un chemin. Si la plupart du temps les deux parties de lui-même s'accordaient parfaitement, il arrivait parfois que les choses se corsent, et il lui fallait alors faire un choix ; un choix qui menait inévitablement au mécontentement d'une partie de lui-même. C'était le cas pour Joachim d'Ackley. L'homme qu'il était souhaitait pouvoir lui faire confiance et le laisser tranquille, mais le Chancelier, lui, ne pouvait s'y résoudre : comment être sûr que d'Ackley, un jour ou l'autre, ne se retournerait pas contre lui ? Ce qui gênait le plus le Chancelier, dans cette affaire, n'était non pas sa dette en question, mais bien sa nature : incertaine, inconnue ; et si l'homme qu'il était avait peur de ne pas pouvoir la payer, le Chancelier, lui, craignait qu'il soit trop important. Maximilien Vendémiaire était pris dans un étau, et d'Ackley ne faisait rien pour l'aider. Pourquoi le ferait-il ?

    Le Chancelier déambula un instant dans la pièce, les mains jointes derrière le dos. Le jeu d'attitude qui se disputait dans la boutique du vendeur de baguette était silencieux, mais chargé de sous-entendus. Maximilien Vendémiaire savait très bien à qui il avait à faire, dû moins le croyait-il en partie. Durant toute son enfance – et en particulier à Beauxbâtons – Vendémiaire n'avait cessé d'être rabaissé par les gens comme lui, par ces nobliaux au sang si pur et aux origines si prestigieuses. D'Ackley ne faisait pas exception à la règle, et même si Maximilien ne lui en voulait pas personnellement, tout, dans l'attitude de Joachim, lui rappelait ce fait : il n'était lui-même pas noble, ni sang pur, et si aujourd'hui cette lacune avait été largement compensée par ses autres talents, ce manque lui avait longtemps fait défaut. L'attitude des Villeroys à son égard était restée gravé dans la mémoire du garçon qu'il avait été. Maximilien Vendémaire n'oubliait pas. Maximilien Vendémiaire ne pardonnait pas.

    Ni l'un ni l'autre n'avait la stupidité de prétendre ignorer la raison de leur entrevue, et d'Ackley fut le premier à lever le voile sur cette affaire. Maximilien fit le choix de ne pas répondre à la remarque de Joachim concernant sa baguette … était-il vraiment là pour cela, après tout ? Le Chancelier se contenta de laisser le vendeur de baguette parler. Pensait-il vraiment être à l'abri, derrière les murs de sa boutique ? Les yeux rivés sur les étages de l'Enchanteur Hardi, tournant le dos à Joachim, un furtif et léger sourire d'amusement se dessina sur les lèvres du Chancelier … Maximilien ne se moquait pas, ça non ! mais il avait suffisamment d'expérience pour savoir que, dans la vie, rien n'était jamais définitif. D'Ackley tenait pour acquis ce que sa famille avait depuis des générations – ou ce qu'il avait lui-même obtenu – et même si cette arrogance pouvait être justifiée, elle n'en demeurait pas moins terriblement incertaine.

    « — Profitez-en bien, tant que vous l'avez encore » affirma Maximilien d'une voix monocorde, en se retournant vers d'Ackley.

    Etait-ce une menace ? Absolument pas. Le Chancelier n'avait aucun intérêt à le faire, ni même le pouvoir : c'était là un avertissement, une mise en garde, un conseil. Ce Joachim l'agaçait beaucoup, avec ses airs de diva, mais Maximilien n'oubliait pas qu'ils étaient dans le même camp – du moins le croyait-il – D'une certaine manière, Maximilien savait se montrer loyal, honorable et fair-play, avec ses amis comme avec ses ennemis, pour peu qu'ils s'en trouvent digne (ce qui était rarement le cas …) Joachim n'était ni l'un, ni l'autre, et si en d'autres circonstances les deux sorciers auraient pu s'entendre, la situation actuelle faisait d'eux des hommes aux relations tendues, ou qui tendaient à l'être. Pourtant, et même si cela était, au final, pour son propre compte, Maximilien avait l'intention de lui faire la faveur d'être fair-play et honnête. Après tout, il fallait bien que quelqu'un fasse le premier pas, non ? Le loup était passé maître pour montrer patte blanche …

    « — Vous n'êtes pas sans savoir que certains, au Gouvernement, sont radicalement contre l'idée d'une quelconque égalité entre sorciers et hybrides. Des lois ont été proposées au Conseil, des lois qui, ma foi, si elles venaient à passer, risqueraient fort de mettre à mal votre petite entreprise » certifia le Chancelier, sans en dire davantage. Il en disait déjà beaucoup.

    « — Tout cela est, bien évidemment, absolument officieux » déclara ouvertement Maximilien « Cependant, vous savez tout comme moi que les choses seront amenées à changer, un jour ou l'autre. Qui sait le chemin que décideront de prendre les Hybrides … » Maximilien ne parlait pas des Rebelles, mais bien des Hybrides ; de cette majorité qui n'avait pas encore complètement pris parti mais qui, à elle seule, était en mesure de faire basculer la politique mise en place. Tout dépendait d'eux, finalement, et de leur choix …

    Maximilien fit une courte pause, avant de continuer.

    « — C'est un présent que je vous fais, Monsieur d'Ackley. Votre situation ne changera pas beaucoup de celle que vous avez actuellement, je vous le promets » assura le Chancelier « Vous aurez, cependant, une chose que vous n'avez pas aujourd'hui : une protection, la mienne »

    Pour l'instant, cela n'avait peut-être pas beaucoup de valeur aux yeux de Joachim, mais l'avenir allait peut-être lui prouver le contraire. Maximilien n'était pas tout puissant et avait tout à fait conscience des aléas du pouvoir. Il savait qu'à tout moment, les choses pouvaient basculer, mais le Chancelier était tenace, et intelligent. On ne faisait pas tomber Maximilien Vendémiaire aussi facilement …

    « — C'est là ma dernière offre, Joachim » ajouta le Chancelier.

    Vendémiaire avait d'autre chose à faire que de chercher indéfiniment à contenter Joachim d'Ackley : sa patience avait des limites, tout comme son temps.



    C'est possible de faire un complexe d'infériorité quand on fait 1m80 ? *sort*
    Aucun soucis pour le temps de réponse ! J'ai moi-même été pas mal occupé avec la rentrée, donc aucun problème =)
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    Message  Joachim d'Ackley le Mer 21 Oct - 14:58



    Un jour de plus
    « For us, and for her, to lead on and ease what hurts. To take sides, to take pride, to fight through disguise and lies? »

    Joachim ne pu pas se retenir et éclata de rire, ce qui eu le don d'affoler Lancelot qui se précipita hors de sa cachette et fila sous le comptoir où traînaient encore quelques affaires de ferronerie, pour se rouler en boule sur le siège en-dessous. Il avait raison même, car même si ce rire était tout à fait sincère, il avait aux oreilles du furet quelque chose de menaçant. Non pas que Joachim se trouve menacé, bien au contraire.
    Peut-être aurait-il dû? Après tout, n'était-il pas lui-même un hybride quart-de-sang? Est-ce que lui et une partie de famille ne seraient pas privés de leur baguette et de leur travail? Mais justement, n'étais-ce pas là que cette fameuse "protection" du chancelier était d'autant plus importante. Joachim pouvait partir, faire sa vie ailleurs où les hybrides étaient plus acceptés, où son talent était tout autant reconnu. Mais il ne pouvait pas en dire autant de la plupart de sa famille. Maximilien venait de creuser sa propre tombe sans même s'en rendre compte.

    Finissant de rire, Joachim reprit sa tasse de thé et bu une gorgée, puis une deuxième, pouffant encore de temps en temps. Il était à présent encore plus confortablement. Sans même regarder le Chancelier, Joachim dit avec un sourire:

    « Vous avez acheté votre baguette ici. Tout le monde achète sa première baguette ici. Et je suis le meilleur. Lois ou non, les sorciers auront toujours besoin de baguette. Je ne vendrais plus à une partie de la population, voilà tout. »


    Il se tourna alors vers lui, posa à nouveau sa tasse sur la commode, récupéra sa baguette d'un seul et même mouvement et se leva. Venant alors face à face au politicien. Même taille, ils se regardaient à présent droit dans les yeux. Le d'Ackley avait rangé sa baguette dans la poche externe de son veston; son intention n'était pas de paraître menaçant. Pas encore.

    « Mais vous l'avez bien dit vous-même, Maximilien, que se passera-t-il si de telles lois venaient à passer. Que pensez-vous que les hybrides feraient, notamment... Madame Maxime? Je vois bon nombre de ses élèves passer ici, en voir un certain nombre privés de baguette me semble aller... tout à fait à l'encontre de ses principes. Mais je ne suis pas politicien, je ne connais rien à ce choses là. »


    Il avait lancé sa dernière phrase avec un simple geste de la main, se détournant de Maximilien et se tournant vers le feu de la cheminée, l'observant un moment. Il faisait alors preuve de toute sa prestance, de noble, de Villeroy. Il jouait quelque peu la comédie, mais pas totalement. Cependant c'était un avertissement, d'une certaine manière. Car le Chancelier ne pouvait pas vraiment se permettre de se mettre tout Beauxbâtons à dos, ni même tous les Hybrides. Il n'y a pas que les Rebelles qui seraient mécontents de ces lois, et certaines familles nobles, comme la sienne, avaient bien un ou deux hybrides bien cachés dans leur famille. La sienne en premier.
    Quoiqu'il en soit, Joachim était un homme calme, et il le restait. Un homme rieur, souriant, mais le Chancelier était bien trop près d'une corde sensible. Il ne le savait probablement pas, mais Joachim était un homme de famille. Et il était hors de question que l'on touche à sa famille.
    C'est pour cela que sa voix grondait quelque peu lorsqu'il exprima:

    « Et quand bien même ce serait votre dernière proposition à mon égard, n'oubliez pas à qui vous devez. Je peux faire ma vie ailleurs. »


    Il y avait beaucoup de sous-entendus dans cette phrase, et d'un certain côté, l'ancien Villeroy était certain que le Chancelier le décortiquera comme elle se devait.
    Laissant le silence s'installer un instant, Joachim laissa le moment glisser. Se retournant à nouveau tout sourire, il revint se placer près du Chancelier, d'un mouvement élégant et gracile.

    « Mais j'apprécie votre offre, vraiment, mais il n'y a rien que vous pourriez m'offrir qui est mieux que ce que j'ai. Vous saurez, Chancelier, que je suis un homme aux plaisir très simples, de telle sorte à ce que je n'ai pas besoin de protection. La presse m'a laissé bien loin de tout scandale depuis mon retour en France, et la politique ne m’importe que peu. À vrai dire, mis à part les soirées mondaines, je n'y connais rien. »


    Il rit encore une fois, tapotant au passage le Chancelier amicalement sur l'épaule. Vraiment il n'en était rien, il n'avait aucune amitié pour cet homme. Mais on apprend.
    Mais il y avait bien des vérités dans ce que le blond avait dit: il était un homme aux plaisirs simple. créer des baguettes, voir Elizabeth et avoir une vie tranquille, il ne demandait rien de plus. S'il ne travaillait pas pour les Rebelles secrètement, il aurait presque cette vie idéale, actuellement. Vraiment, si seulement le climat politique était plus simple, sa vie le serait aussi.

    Mais le plus grand mensonge était probablement que Joachim ne comprenne rien à la politique. Au contraire, il avait voyagé et ses voyages lui avaient ouvert les yeux et fait comprendre bien trop de choses. Il n'était pas politicien, il avait beau avoir du charme et être un beau parleur, il ne pourrait probablement pas prendre la place du Chancelier, mais il comprenait bien que Maximilien Vendémiaire prétendait être dans une position difficile alors qu'il ne faisait rien pour l'éclaircir. Au contraire, Joachim avait toute l'impression que l'homme politique aimait sa situation, même si les Rebelles étaient une épine dans son pied, son ambition cependant était ravie de cet état de faite, pour le laisser au plus longtemps au pouvoir et mener la barque comme il le voulait en usant la peur et la haine des hybrides de bien des sang-purs.


    [HJ: Petite piste: ne parle surtout pas de Pacôme ]
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